[Avant-Première] Taken 3, Neeson aux abonnés absents

Par Rémy Boeringer @eltcherillo

Nous avons pu assister, quelques heures avant sa sortie, à l’avant-première de Taken 3, réalisé comme le deuxième volet par Olivier Megaton, le réalisateur au nom de Transformer et produit par Luc Besson. La saga, déjà pas fameuse, qui a enterré un temps, Liam Neeson dans des réalisations moyenne (Ballade entre les tombes signait son retour), s’essouffle définitivement avec ce dernier opus. Il ne suffit pas de se donner un nom qui claque pour réaliser des bombes cinématographiques…

L’ex-agent Brian Mills (Liam Neeson) découvre que l’on a assassiné son ex-femme, Lenore (Famke Janssen). Accusé à tort par la police de Los Angeles du meurtre, il prend la fuite, bien décidé à se venger. Poursuivi par l’inspecteur de police Franck Dotzel (Forest Whitaker) et par la mafia russe du trafiquant Oleg Malankov (Sam Spruell), Mills va tenter de résoudre son enquête tout en protégeant sa fille Kim (Maggie Grace) et le mari de son ex-femme Stuart St John (Dougray Scott).

Brian Mills (Liam Neeson)

Taken 3, c’est un peu l’exemple parfait du film où le réalisateur a laissé les acteurs en roue libre, ne sachant visiblement pas les diriger. Liam Neeson est ailleurs, véritablement sur le plateau par obligation contractuelle. Même sa voie française semble faire des efforts désespérés pour le rendre crédible et n’y arrive pas. Il faut dire que l’acteur avait un temps refusé de reprendre le flambeau pour un troisième film. Ne l’oublions pas, Taken est loin d’être emblématique de la carrière de Neeson qui s’est retrouvé embringué dans des films d’action bête et méchant sur le tard. L’homme a été récompensé à la Mostra de Venise pour son rôle de Michael Collins, le révolutionnaire irlandais et nominé au oscar pour son interprétation inoubliable d’Oskar Schindler dans La liste de Schindler. L’acteur irlandais à d’ailleurs sévèrement critiqué, à l’occasion de la sortie du film, la libre circulation des armes aux États-Unis, ce qui lui a valu des remontrances de la marque ayant fourni les armes pour le film et son boycott futur. On comprend mieux, après la projection du film, les réticences de l’acteur de jouer un scénario, à la fois cousu de fils blancs, et contraire à sa vision du monde.

Kim (Maggie Grace)

Seul Forest Whitaker sort du lot, sauvant avec ses habituels mimiques, le personnage de flic droit et honnête qu’il incarne. Hormis Whitaker, tous le reste de troupe semble totalement acculé par des dialogues d’une niaiserie sans nom. Luc et Oliver, je m’adresse à vous, si vous voulez créer des bons films d’action, opter pour des héros complètement déjantés, sans fois ni loi, ou alors pour des héros tourmentés, mais ne mélanger pas tous les sentiments dans une marmite en l’oubliant sur le feu et en laissant tout cramer. On ne peut pas reproduire l’alchimie magique de Léon toute sa carrière. Mention spéciale d’ailleurs au charisme nullissime des méchants, pour l’un totalement caricatural dans son rôle de mafieux russe à l’accent italien (si, si) et pour l’autre juste pas concerné du tout par ce qu’il se passe. Et n’oublions pas, on adore les carambolages, les courses poursuites haletantes, etc, etc. Et on ne s’attend pas à un film fleuve relatant également le procès de Mills, ce qui serait super chiant d’ailleurs, mais quand même, il doit y avoir des dizaines de morts dans ces accidents, ou au mieux des dizaines de flics paraplégiques, sans compter les malfrats et tranquillement l’inspecteur Dotzel laisse repartir notre homme. Comme ça. Tranquille. On est au cinéma alors on peut faire n’importe quoi ?

Franck Dotzel (Forest Whitaker)

Taken 3, c’est comme le 1 et le 2, on peut largement s’en dispenser. Garder le pour une longue soirée d’hiver, où une soirée nanards entre potes.

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce :