Flic ou caillera - Rachid Santaki

Publié le 04 février 2015 par Lara Emilie @LaraEmylie


Titre : Flic ou caillera
Auteur : Rachid Santaki
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de publication : 201
Pages : 259

* Elle ne m'a pas prévenu de sa venue. Elle me guettait arme dissimulée, décidée à me tuer pour me plumer. Je ne l'ai pas vue m'épier, se préparer à m'éliminer. Dès que je l'ai aperçue, je n'ai pas tout de suite compris son vice. Elle s'est relevée, m'a menacée avec son gun, grâce à une diversion je l'ai trompée, cognée et j'ai fui a toute vitesse avec mon sac. La mort me pourchasse. Ses pas, légers et rapides, frappent le macadam. *
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Octobre 2005. Deux adolescents trouvent la mort accidentellement alors qu'ils sont poursuivis par la police. Aussitôt les cités s'enflamment et la colère de toute une génération explose. Mehdi Bassi vit à Saint-Denis, sous la coupe du clan Bensama, caïds locaux de la drogue. Alors que la cité s'embrase, Mehdi va croiser la route de Najet, une jeune femme flic et beurette, qui n'en finit pas de se battre avec ses origines. Tandis que l'un essaie d'céhapper au puissant clan Bensama, l'autre voudrait le faire tomber une fois pour toutes. Un polar plein de rage et d'énergie, qui aborde sans angélisme les thèmes de la montée des communautarismes, de la solidarité et de la débrouille. Aussi nerveux que mélodieux Flic ou caillera renouvelle les codes du roman policier avec brio.
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* Il ne dort pas car le sommeil est le cousin de la mort. La confiance aussi.  
Saint-Denis, 2005. Les émeutes sont devenues monnaie courante, tout comme le trafic de drogue et la violence gratuite. Face à ce désastre, les forces de police sont impuissantes, corrompues ou pas suffisamment fortes pour agir. Et lorsque l’on se retrouve pris dans la spirale infernale des guerres de clan, impossible d’en réchapper... C’est l’expérience que va en faire Mehdi Bassi, qui se retrouve bien malgré lui sous la coupe du clan Bensama. Il n’a rien demandé à personne, mais d’autres ont décidé pour lui. Dès lors, il lui faut accepter ou s’échapper. C’est alors que Najet entre en scène ; la jeune femme flic, qui se cherche constamment, a décidé de faire tomber les Bensama. Avec Flic ou caillera, Rachid Santaki nous propose un genre tout à fait inédit, une plongée dans les guerres de clan des banlieues chaudes sur un rythme de hip-hop. La forme convient parfaitement au contenue et constitue un des grands intérêts du roman, avec son langage à la fois simple et argotique – fort heureusement, le glossaire proposé aidera les non-initiés à s’y retrouver. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on se retrouve plongé dans l’univers des banlieues, avec la violence entre les clans, le désespoir des marginaux qui tentent de s’en sortir et l’impuissance des forces de l’ordre à mettre fin aux émeutes.Une ribambelle des personnages nous accompagne au fil des pages, certains attachants, d’autres haïssables. Petit à petit, on mesure la puissance du clan Bensama, et sa folie... et on espère de toutes nos forces que les protagonistes parviendront à leur infliger la défaite qu’ils méritent. On a peur et on échafaude des plans avec eux, mais tout se retourne toujours contre les plus faibles. Même si j’ai trouvé que les personnages étaient parfois quelque peu stéréotypés, ils sont développés de manière à entretenir le suspense et s’intègrent très naturellement dans l’intrigue.Les alliances se font et se défont, la jalousie règne, parfois même entre amis. Impossible de prévoir ce qui va se passer, mais on sent immédiatement que la fin ne sera pas heureuse. Pourtant, on y croit lorsque Mehdi y croit, on espère lorsque Najet espère...Flic ou caillera est une lecture agréable, que je recommande à quiconque veut se plonger dans l’univers des banlieues. La plume aux sonorités hip-hop de l’auteur donne une très bonne dynamique à l’auteur et contribue à nous plonger dans une atmosphère de sang, de drogue et de peur. La tension monte à mesure que le temps passe, mais la fin de ce roman policier atypique est inévitable. Je remercie Le Livre de poche pour l’organisation du Prix des lecteurs 2014, dans le cadre duquel j’ai reçu ce roman. ______________________________