Marvel icons : les avengers de kurt busiek et george perez (tome 1)

Publié le 05 février 2015 par Universcomics @Josemaniette
Dans les années 90, Marvel tente de moderniser et de donner un joli coup de fouet à son univers en déliquescence, avec l'opération Heroes Reborn. Des noms ronflants (Jim Lee, Rob Liefeld, Marc Silvestri...) pour un demi-échec artistique, et un retour à la norme, un an plus tard, avec Heroes Return. Cette fois, plus question de se louper. C'est pourquoi on décide d'appeler en renfort George Perez (artiste légendaire déjà à l'oeuvre sur Crisis on Infinite Earth, par exemple), qui conseille lui même vivement un scénariste fort doué, Kurt Busiek (accessoirement, c'est aussi une encyclopédie vivante de tout le macrocosme super-héroïque. Le type est incollable). Ensemble, il vont projeter les Vengeurs dans le nouveau siècle à venir, avec des aventures rythmées, enlevées, et la plupart du temps dessinées avec une classe indéniable. Dès le début de l'expérience, de multiples nouvelles pistes narratives vont être explorées sur le moyen long terme, comme l'alcoolisme de Carole Danvers (qui fait écho au défaut récurrent de Tony Stark), le retour d'entre les morts de Wonder Man (que Wanda Maximoff parvient à faire apparaître en cas de grave danger ou dans une situation de stress ou de besoin), mais encore la relation sentimentale entre la Sorcière Rouge et la Vision (Wonder Man est de retour, et c'est sur sa personnalité qu'a été conçu l'androïde...) et l'arrivée de nouveaux personnages (comme Triathlon, dont le costume s'apprécierait presque mieux avec des lunettes 3D) dont les jeunes pousses Justice et Firestar, transfuges des New Warriors. Pour leur premier fait d'armes, les nouveaux Vengeurs de Busiek se retrouvent confrontés à la sorcière la plus mauvaise -et la plus sexy- de l'univers Marvel : Morgane Le Fay.


Cet affrontement est l'occasion, pour les héros, de faire un saut dans une réalité parallèle et de se retrouver en pleine atmosphère "Camelot", après un bon lavage de cerveau et avoir oublié qui ils sont véritablement. Comme si cela ne suffisait pas, à peine la situation revenue à la normale, les Vengeurs ont maille à partir avec une autre formation de gros calibres, l'Escadron Supreme, qui s'est échouée dans notre espace-temps et a quelques doutes sur l'innocence et la probité des hommes de Captain America. George Perez s'amuse comme un fou avec cet aréopage de personnages, lui qui n'est jamais si à l'aise que lorsqu'on lui demande de dessiner une dizaine d'encapés au centimètre carré. Ces récits sont regroupés aux States dans une série de plusieurs gros tpb de plus de 400 pages chacun, au titre évocateur : Avengers Assemble. Panini saute sur l'occasion et nous propose de les découvrir en français, à travers sa collection Marvel Icons, qui a déjà bien belle allure en quelques mois d'existence. Ici c'est aussi l'opportunité rêvée de découvrir d'autres Avengers que ces héros bardés de cuir et ultra sérieux, plongés dans un univers faits en partie d'espionnage permanent (Shield, Secret Avengers...), en partie de menaces létales qui terrorisent le cosmos et la réalité même (Hickman est en train d'organiser la fin du multivers à la Marvel, juste après Infinity). Costumes plus bariolés, naïveté plus affichée, sentiment de camaraderie old school plus affirmé, comme dans cette scène introductive où les Avengers se retrouvent tous ensemble au Manoir qui leur sert de base opérative. Tous. C'est à dire des dizaines d'individus, entre Vengeur d'un jour, et Vengeur de toujours. Des jeunes pousses comme Rage, Justice, ou Firestar (à l'époque membres des New Warriors) mais aussi des cadors comme Thor, La Sorcière Rouge, ou Iron Man, entourent ainsi un Captain America enchanté. Pour une magnifique photo de famille, un instantané d'une époque révolue et qui ne reviendra plus. Collector, et fort en nostalgie. N'attendez plus et aller chercher ce petit pavé, si vous avez un coeur tendre sous cette cuirasse d'acier.