Luchon 6 février 2015. La permission.

Publié le 06 février 2015 par Cinealain

Au Rex à 14h.

- La permission
 

Réalisé par Philippe Niang
Avec Charlotte de Turckheim, Hande Kodja, Michaël Cohen, Souleymane Seye Ndiaye, Georges Corraface


1917. La guerre fait rage.

Louise Perreau (Charlotte De Turckheim) pleure son fils mort au combat. Elle retourne chez elle et va devoir sauver sa filature.

Une des pistes pour éviter à sa famille la faillite est de bien marier sa fille, Jeanne (Hande Kodja), une jeune femme moderne, qui, elle aussi pleure son frère mort. Elle ne peut se résoudre à épouser le riche et charmant Adrien de Volnay (Michaël Cohen), récemment démobilisé, que lui destine sa mère


Un sentiment étrange l’empêche d’aimer cet homme qui nourrit pourtant pour elle des sentiments forts et sincères. Elle va néanmoins se résigner…


Jusqu’au jour où arrive en permission dans la demeure familiale Bakary Diop (Souleymane Seye Ndiaye) un tirailleur sénégalais qui avait combattu jusqu’aux derniers instants sous les ordres du frère tant aimé de la jeune femme.

Les deux jeunes gens que tout oppose vont être irrésistiblement attirés l’un vers l’autre. L’amour impossible de Jeanne et de Bakary va provoquer haine et fureur. Mais cette passion interdite et secrète va aussi libérer de sombres secrets… Le frère de Jeanne est-il vraiment mort lors d’une attaque allemande ?

Quel secret cache Adrien de Volnay et qu’a vraiment vu le tirailleur sénégalais ?

Mon opinion

Retour à première guerre mondiale.

L'histoire familiale de la famille Perreau, grande bourgeoisie de l'époque pleine de principes aujourd'hui surannés. Une mère prête à tout pour sauver son rang en dépit de secrets et principes qui s'entrecroisent avec le premier conflit mondial. Peu d'images de guerre, elles ne servent ici qu'à ponctuer le déroulement de l'intrigue.

Nous assistons à un racisme primaire, quand un soldat, tirailleur Sénégalais en permission, tente de trouver sa juste place dans un café de cette région française. Visiblement la Haute Normandie. L'horreur est aussi présente quand le tintement d'une cloche fait remonter des souvenirs de guerre à ce même soldat.

Une mère et sa fille, deux femmes éplorées se retrouvent dans la douleur d'un deuil impossible à faire. Celui d'un fils pour l'une. D'un frère pour l'autre. La faillite familiale de leur affaires, naguère florissantes, vient s'ajouter à leur malheur. S'impose alors un certain Adrien de Volnay récemment démobilisé. Les préliminaires d'un mariage forcé, assorti d'une particule, pour sauver l'entreprise se mélangent aux sentiments qui s'égarent. La vérité s'imposera face à la duperie. Pas de happy end pour autant.

La photographie de Dominique Bouilleret est somptueuse. Les décors et costumes, magnifiques et raffinés.

Charlotte de Turckheim, le sculptural Souleymane Seye Ndiaye, Michaël Cohen  et Georges Corraface sont toux excellents dans leur rôle respectif.

Un excellent téléfilm qui devrait marquer les spectateurs avec peut-être le prix du "Meilleur unitaire" ou encore le Prix Isabelle Nataf, rapport aux sujets traités qui résonnent tristement dans notre actualité, aujourd'hui encore.