And the winner is LE RAFALE!!!!

Publié le 16 février 2015 par Toulouseweb

Jeudi soir, emballement sur lemonde.fr qui ouvre le feu le premier en indiquant que l’Égypte avait signé pour acheter 24 avions Rafale pour une somme approximative de 5 milliards d'euros. Ce qui déclenche dans les 5 minutes un démenti formel du ministčre de la Défense. Finalement c'est le président François Hollande lui-męme qui confirme l'information ŕ Bruxelles . Il fait męme un commentaire plein d'humour malgré une nuit et une matinée passées ŕ discuter ŕ Minsk avec M.Poutine . Je résume les propos du président. C'est vrai dit-il en substance que la France était la seule jusqu'ŕ maintenant ŕ utiliser le Rafale, nous en sommes trčs satisfaits. Nous étions męme pręts ŕ en faire bénéficier d'autre pays.
C'est l’Égypte qui passe commande, un contrat négocié en 3 mois alors que, on le voit pour l'Inde, ces affaires de vente d'armement sophistiqué peuvent prendre des années. En effet c'est seulement en septembre dernier que le maréchal Al Sissi qui rencontre au Caire le président Hollande qu'il lui fait part de son désir d'acquérir des Rafale. Le dossier passe alors entre les mains de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense. Du côté français on doit modérer les Égyptiens qui veulent beaucoup plus d'avions et un achat Ť sans apport personnel ť. Le 11 janvier le président Hollande retrouve AL Sissi ŕ la prise de fonctions du roi Salman d'Arabie saoudite ŕ Ryad, les deux hommes se serrent la main, l'affaire est conclue. La France a fait un gros effort pour financer le contrat, la COFACE garantit ŕ peu prčs la moitié de la commande et un groupement de banques françaises, Crédit agricole, BNP, Société générale, travaille sur le crédit bancaire. Mais ce n'est pas un sous-Rafale que va recevoir l’Égypte puisqu'il sera équipé de missiles Air-Air Mica, de missiles Air-Sol ASM, de missiles de croisičre Scalp qui sont fabriqués par MBDA, c'est ŕ dire des appareils trčs proches de ceux qui sont exploités en France.
Il faut dire également que ce deal franco-égyptien est gagnant-gagnant pour les 2 pays puisqu'il faut se souvenir quand męme que la loi de programmation militaire était financée en partie par les premičres ventes ŕ l'export du Rafale. Pari osé mais réussi. Les militaires pensaient qu'ils toucheraient des roupies indiennes, ce sont des livres égyptiennes qui vont alimenter les budgets des armées.
Peu importe aujourd'hui que le Rafale ait mis 30 ans ŕ convaincre. Il faut saluer la ténacité de la maison Dassault qui, en 1992, a décidé de travailler seule ne parvenant pas ŕ s'entendre avec des alliés européens. Le Rafale est vraiment un avion polyvalent. Il sait tout faire ŕ la fois du combat aérien ou de l'attaque au sol, il est aussi ŕ l'aise ŕ décoller d'un porte-avions qu'ŕ transporter un missile nucléaire. Son agilité est remarquable, il suffit de se rendre au salon du Bourget pour voir ses démonstrations en vol. Parmi les pays potentiellement intéressés en vol : ses virages serrés avec ses enchaînements de chandelles. Le concurrent européen, l'Eurofighter, simplement fait pour la défense aérienne plutôt en haute altitude paraît bien balourd.
Pourquoi l’Égypte a-t-elle besoin du Rafale ? Tout simplement pour affirmer sa suprématie dans la région. Et s'attaquer sans doute ŕ Daech qui a concentré des troupes dans le Sinaď et qui a mis la Lybie toute proche ŕ feu et ŕ sang. Le Rafale a gagné ses galons de bon pour l'export justement en enchaînant des missions d'opérations extérieures. Il a fait son baptęme du feu en Afghanistan. C'est grâce ŕ lui que les colonnes blindées de Kadafi ont été détruites dans Benghazi. Il y a eu également ses vols sur le Mali qui ont arręté les terroristes islamiques ŕ 2 doigts de prendre Bamako.
La question qui préoccupe certains médias, c'est celle des droits de l'homme en Égypte. Il est vrai que ce n'est pas un souci prioritaire pour le général Al Sissi mais François Hollande a choisi la Realpolitik. Ce dernier parle męme de concurrence pour les autres pays intéressés par le Rafale comme le Qatar et bien sűr l'Inde qui finiront par commander l'avion français. Le french team composé de Dassault pour la cellule, de Safran pour les moteurs, de Thalčs pour l'électronique, de MBDA pour les missiles n'entend pas en rester lŕ. Parmi les pays potentiellement intéressés, on cite maintenant le Koweit, l'Indonésie et męme la Belgique. Lundi sera donc le grand jour de la signature officielle du contrat. On ne pourra plus dire : le Rafale, l'avion qui n'a pas trouvé d'acquéreur ŕ l'étranger !
Gérard Jouany