L’Amulette de Samarcande, de Jonathan Stroud

Publié le 02 février 2015 par Loulou Coco


  

   L’Amulette de Samarcande de Jonathan Stroud

Aujourd’hui parlons bien, parlons magie. Enfin non, parlons plutôt magie à Londres, deux éléments qui me tiennent à cœur. Car ce n’est un secret pour personne, cette ville fait partie de mes endroits préférés sur Terre (juste après mon lit). Aussi, entamais-je avec enthousiasme le premier tome de la trilogie de Bartiméus. Seulement voilà, l’enthousiasme, c’est comme un soufflé, s’il n’y a rien pour le porter ça tombe rapidement à plat. Dommage parce que les ingrédients avaient ici l’air vachement appétissants.

Commençons déjà par un bref résumé :

Dans un Londres gouverné exclusivement par des magiciens, le djinn Bartiméus se fait invoquer par un apprenti sorcier en quête de vengeance. Humilié par un certain Lovelace, puissant magicien et politique hors-pair, le jeune Nathaniel ordonne au djinn d’aller lui voler une puissante amulette. Guère enchanté par la situation, Bartiméus est néanmoins contraint de s’exécuter. Mais ce qui aurait pu n’être qu’un simple vol entre magiciens se révèle être une affaire bien plus complexe, mêlant complot et assassinats. De quoi titiller la curiosité du vieux djinn. 

L’univers magique de Jonathan Stroud est riche. Il emprunte des objets, des rituels et des créatures à toutes sortes de mythologies, notamment égyptienne, ce qui lui évite de tomber dans le cliché de ce genre littéraire surexploité. Ajoutez à cela une écriture fluide qui fait la part belle à l’action et vous aurez un très bon roman pour les jeunes. Qui plus est, la narration est originale. On passe du point de vue du djinn (raconté à la première personne du singulier), au point de vue de Nathaniel (raconté à la troisième personne du singulier). Cela apporte une fraicheur bienvenue au récit.

Seulement voilà, tout cela ne m’a pas suffit. J’ai trouvé le jeune magicien, au mieux inconscient, au pire débile et arrogant (mauvaise combinaison en général). L’ennemi était quant à lui imbu de sa personne et … mou. Seul le djinn relève le niveau avec un humour à toute épreuve.
Ça aurait pu se borner là, à un livre qui malgré quelques défauts tenait bien la route et se lisait avec plaisir, mais, moi, il y a une chose qui m’a privée de ce plaisir : les notes de bas de page.
Généralement utilisées pour éclairer le lecteur sur un mot farfelu ou sur un contexte un peu compliqué, ici, Stroud les utilise à tort et à travers. En tout et pour tout, seule une vingtaine de pages doit être exemptée de ces notes intrusives. Bon, il y a aussi les parties où l’on suit Nathaniel qui en sont exemptées, mais cela ne sauve pas l’ensemble.

Une petite preuve de l’invasion des notes de bas de page (ici on pourrait même parler de notes de « milieu de page »)

Le pire étant que ces notes n’amenaient aucune précision sur le contexte ou le vocabulaire, elles étaient justes le prolongement des pensées de Bartiméus. Alors pourquoi nous obliger à couper notre lecture pour reporter notre attention sur le bas de page ? Mystère. Toujours est-il que je finis par ne plus les lire pour me concentrer sur l’histoire en elle-même.

Ce n’est certes qu’un détail mais qui, pour une lectrice pointilleuse comme moi, peut être très désagréable. Hormis cela, ce roman est tout à fait indiqué pour des enfants qui ont aimé l’univers d’Harry Potter. Ils y trouveront un humour plus développé et des personnages un peu plus rebelles, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce roman. Il ne reste plus qu’à savoir si les personnages vont s’étoffer dans les deux autres tomes de la trilogie, mais je vais vous laisser élucider ce mystère par vous-même pour une fois.

La trilogie complète est parue chez Livre de Poche jeunesse

Le récap’ :

Points positifs :

  • Un style d’écriture fluide pour un univers magique assez original
  • De l’humour, parfois noir, mais toujours bienvenu

Points négatifs :

  • Des notes de bas de page ultra intrusives
  • Des personnages qui manquent parfois de profondeur

Bonne lecture les cocos !