Discount

Publié le 19 février 2015 par Dukefleed
Loin d'être un film au rabais
Un supermarché hard discount du nord de la France- Des employés corvéables à merci jusqu’à être chronométré dans leurs pauses pipi, au faible revenu, sont menacés de licenciement suite à l’arrivée imminente de caisses automatiques. Mais on leur demande de continuer de garder « la banane ». Réagir oui, mais comment ? Ils se lancent dans un projet fou de lancer un magasin provisoire et clandestin ; un « discount alternatif ». Rebelle, solidaire, écolo : tels sont leurs mots d’ordres. Si çà peut aussi améliorer leur ordinaire de petites gens des milieux populaires, c’est pas mal non plus.Pour son premier film Louis-Julien Petit prend un risque fou comme les personnages de son scénario avec ce sujet tellement casse gueule. Et il parvient avec beaucoup d’intelligence sans tomber dans le misérabilisme, le pathos, un humour ras du chapeau, les gros clichés voire l’angélisme. Mais non, il tient bien son scénario de bout en bout pour livrer un film truffé de valeurs positives : fraternité, humanisme, solidarité,… Et çà marche on a envie de croire à la fable suivante : si tous les pauvre du monde s’unissaient, le monde tournerait mieux. Cet élan de rébellion positive utopiste donne un film citoyen et joyeux. Comparé à mon avis à tort par des critiques enthousiastes à Ken Loach, ce film possède un contenu social revendicatif affirmé mais n’a pas l’âpreté des Loach des débuts (« Family life » par exemple). Référence un peu rapide et lourde pour ce jeune réalisateur, ce film flirte constamment entre comédie de type fable et film social ce qui le différencie du britannique. Pour aller plus loin, ce va et vient plombe la crédibilité du propos militant, c’est une des quelques maladresses que l’on oublie tellement vite devant le plaisir pris devant ce petit film ; référence à son budget modeste raccord avec sa thématique. Au-delà du scénario, les dialogues sonnent aussi toujours justes. Dans un casting inégal, deux, trois acteurs inspirés livrent des personnages très incarnés dont Corinne Masiero injustement méconnue et qui est à chaque fois parfaite. Pascal Demolon est son pendant masculin. Quant à Zabou, la directrice du discount, tient un rôle pas si ingrat que çà ; le film pas manichéen pour un sou finit aussi par nous la montrer comme victime elle aussi du système. Quand l’homme est transformé en centre de profit.Des maladresses, mais un contenu tellement intelligent destiné à nous faire réfléchir à nos comportements de consommateurs pas toujours très responsables. A voir absolument.
 Sorti en 2015