J’ai lu #1 : Elisabeth Reynaud – Niki de Saint Phalle

Publié le 12 mars 2015 par Aurore Ubdp @AuroreUBDP

Vous avez remarqué comme c’est compliqué d’écrire sur un livre que vous avez lu et qui vous est très personnel ? C’est un article qui m’a demandé du temps à écrire, aussi bien parce que j’ai toujours été fascinée par l’œuvre que par la femme qui en était à l’origine.

J’ai reçu cet automne, le livre d’Elisabeth Reynaud sur Niki de Saint Phalle. Livre qui retrace la vie de l’artiste depuis son enfance, les horreurs qu’elle a réussi à dépasser à la limite de la folie, sa construction personnelle en tant que femme et en tant que créatrice, ses amours, son œuvre…

Quand j’étais plus jeune, je vivais donc en Lorraine pour ceux qui l’ignorent encore et nous allions parfois en famille au Luxembourg pour assister à des vaudevilles l’été. A Luxembourg ville plus précisément, où se trouve une « nana » de Niki de Saint Phalle en pleine rue. Une de ses « grosses » madames colorées et libres de leurs mouvements qu’on pourrait croire en train de danser. Qui ne s’est jamais retrouvé dans les méandres des complexes à l’âge adolescent ? Je trouvais fabuleux de voir la représentation de la féminité libérée de tout poids en une pause joyeuse et singulière. Puis je me suis intéressée à la personne derrière qui ne se cachait pas le moins du monde, puisque tout ce travail parlait bien d’elle, de son empreinte, de son vécu.

Plus tard, à l’époque où les ordinateurs ramaient encore pour aller farfouiller sur le net, je n’avais pas trouvé grand chose sur Niki. C’est une exposition au château de Malbrouck qui m’a permis de raccorder toutes les informations dont je disposais et dont je sortais autant émerveillée qu’ attristée, ayant lu, vu et compris la douleur de la femme qui renvoyait pourtant de la lumière dans chacune de ses œuvres.

Plus tard encore, ce livre m’a été proposé. Malgré des redondances dans l’écriture, il m’a demandé du temps. Du temps pour le lire, le poser, y revenir. C’est un livre sur le courage de l’opposition à une lignée familiale, du dépassement de l’horreur du viol, de la folie qu’on côtoie, de la libération par la peinture, de l’amour, de la vie et toujours quand on parle de Niki de Saint Phalle, de la lumière !