Andreas Lubitz, la solitude du coureur de fond

Publié le 30 mars 2015 par Emmanuel S. @auxangesetc

On connaît son nom, Andreas Lubitz, on connaît son visage, là où il habitait, on connaît la maladie dont il était atteint, dépression, on sait aussi qu'il était runner, coureur à pied, un sportif du chrono comme vous et moi. Dans l'hystérie de l'info continue ad nauseam, partout, tout le temps, les images d'Andreas Lubitz en compétition avec son dossard si familier ont un effet aussi hypnotique et vide qu'une compétition de curling (clic) matée devant sa télé au mois d'août. C'est un peu, aussi, comme si la photo du coureur de fond germanique white sain de corps ne collait pas avec la rubrique des faits divers qui peuvent nous arriver au coin de la rue...

Andreas Lubitz il le voulait parait-il est entré dans l'histoire avec une grande hache, celle dont on ignore si le pilote l'a utilisée pour forcer la porte blindée.

Andreas Lubitz a déjà sa fiche Wikipedia (clic), illustrée justement par une photo au dossard, c'était un coureur passionné, finisher selon la presse des Frankfurt Lufthansa half-marathon (clic) 2011, 2012 and 2013, sur le site des Semi-marathons de Francfort je n'ai pourtant trouvé que son chrono de 2012, un beau 1h37 après un temps de passage en 43mn au 10 km.

Cette habitude de partir trop vite trop tôt.

Les sites américains et anglais relèvent plus ou moins longuement cette passion d'Andreas Lubitz pour la course à pied, le New York Times

Online, Mr. Lubitz appeared to be a keen runner, including at Lufthansa's Frankfurt sports club, and had completed several half-marathons and other medium-distance races, including an annual New Year's run in Montabaur in 2014.

CBS news nous apprend, c'est esseniel, que son surnom était " flying_andy " et va jusqu'à avancer un chrono sur semi, 1h48mn51s (clic), où et quand il n'y a guère qu'un obsédé du détail inutile pour s'y intéresser.

Les sites français racontent aussi qu'il partageait la passion du running avec son ex-petite amie (clic).

And so what ? Où tu veux en venir Man ? Rien. Nulle part.

C'était juste pour vous dire qu'on s'en fout de la vie d'Andreas Lubitz. La course à l'info nous attire dans des bas fonds auxquels il est presqu'impossible de résister si on a les yeux ouverts. Le fait divers. Cette horreur que tu aimes regarder parce que t'étais pas dans l'avion t'étais pas de la famille des passagers. Que t'es rien d'autre qu'un spectateur-voyeur à la recherche d'une sensation qui te rassure, celle d'être en vie quand les autres sont morts.

Très XXIème siècle.

Demain un billet avec des femmes nues.

#AndreasLubitz: dépressif,angoissé,mal-voyant,plaqué par sa copine,futur papa,gay refoulé...c'est tout? #germanwings pic.twitter.com/JQWQKdxKRk

- Netchys ن (@netchys) 29 Mars 2015