La e-santé peut-elle contribuer à un nouvel aménagement du territoire ? cas 4

Publié le 31 mars 2015 par Fabricevezin @FabriceVezin

A la lecture de mes précédents billets consacrés à cette thématique, on pourrait finir par penser que sans le projet TNS, point de salut pour les régions concernant la e-santé.

Et bien, il était temps d’écrire un article pour démentir cette impression. Exemple avec le territoire normand, chauvinisme oblige…

Un territoire boosté par la domotique et la e-santé.

Le pôle de compétitivité de Caen Transactions électroniques sécurisées (TES), soutenu par NXP et Orange, s’est réorganisé en départements d’usages, notamment dans la e-santé et la domotique.

Du côté de la e-santé, c’est la silver économie, qui intéresse les équipes du TES avec des solutions à mettre en place autour des questions de dépendance (maintien à domicile, lutte contre la prévention de la chute, suivi de la nutrition…), en passant par la domotique et les projets en télémédecine.

Il a notamment monté des partenariats étroits autour de projets normands innovants tels que ceux proposés par la jeune BodyCap, créatrice de la gélule e-Celsius « connectée »

Gélule que l’on doit à cette start-up basée à Hérouville-Saint-Clair ; BodyCap. Son équipe de chercheurs a ainsi mis au point une gélule contenant un capteur électronique pour mesurer la température intracorporelle en temps réel, toutes les 30 secondes. Les données sont transmises par télémétrie à un moniteur médical. BodyCap a également conçu un patch qui permet de mesurer en continu la fréquence cardiaque Ce patch contient un capteur qui se déforme sous l’effet de l’impulsion cardiaque lorsqu’il est placé sur le poignet, la poitrine ou la carotide ; l’impulsion mécanique est transformée en décharge électrique qui donne la mesure de la fréquence cardiaque. Les données sont recueillies par un serveur de données médicales.

Un territoire ancré dans la télémédecine

D’autres réalisations liées à la e-santé ont déjà vues le jour en Normandie, comme le réseau de télémédecine, Domoplaies.

Créé en 2012, ce système de suivi et de soins à distance des plaies chroniques et récalcitrantes, permet de mieux traiter les plaies en évitant l’hospitalisation. Via un réseau de télémédecine de gestion de ces plaies, composé d’infirmières libérales et de médecins traitants, équipés de tablettes tactiles 3G. Concrètement, l’infirmière en visite chez le patient prend une photo haute définition de la plaie et l’adresse au médecin expert du réseau. Le traitement est décidé après échange entre ces deux professionnels de santé.

La même année, Le Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) Télésanté Basse-Normandie a lancé son portail internet régional de collaboration et d’information sur la e-santé : http://www.basse-normandie-sante.fr/ permettant au grand public d’avoir accès à des informations et annuaires de professionnels et établissements de santé. Les professionnels, quant à eux, bénéficient d’un espace de travail collaboratif, d’une base documentaire et des applications de télésanté déployées dans la région.

Au cours des années 2012 et 2013, diverses expérimentations de télémédecine ont été lancées : la télé-imagerie entre des centres hospitaliers et des cabinets d’imagerie médicale, la prise en charge de l’AVC (télé-AVC), l’extension des téléconsultations et télé-expertises entre unités mobiles et structures médico-sociales en gérontopsychiatrie, gériatrie, psychogériatrie, psychiatrie, dermatologie…Rien d’étonnant donc à ce que la Haute-Normandie en 2014, fasse partie des 9 régions sélectionnées pour participer à l’expérimentation nationale du déploiement et de la valorisation des actes de télémédecine, prévue dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS). Une expérimentation qui doit durer quatre ans et mise en œuvre par les ARS concernées.

 La Silver Normandie

Enfin, on ne peut éviter d’évoquer l’impact bénéfique de la silver économie pour les territoires normands via notamment le lancement officiel de la « Silver Normandie » début 2014 par Michèle Delaunay. Domaine qui va permettre au territoire de développer des offres de téléassistance, télémédecine en ehpad, sans oublier la domotique, représentée localement par le pôle TES. Il faut savoir que la région Basse-Normandie fait partie des 7 régions les plus prisées par les personnes âgées. À l’horizon 2020 elle comptera une augmentation de 36 % des plus de 60 ans et de 14 % de personnes dépendantes (étude 2012-par Ernst & Young).

Plus tôt, en 2011, ce sont les abords de Rouen qui devaient se transformer avec le projet d’aménagement de la zone d’activité Aubette-Martainville-Rouen Innovation Santé en un pôle d’excellence dans les domaines de la santé et de la recherche médicale.

Requalifier un ancien site industriel en un pôle d’excellence en matière de santé composé d’une pépinière d’entreprises innovantes, d’une zone hospitalo-universitaire, d’un hôtel d’entreprises et de logements, c’était tout l’enjeu de ce projet qui ambitionne de créer environ 1500 emplois autour d’un pôle santé d’envergure régional.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Pour en savoir plus :

https://www.basse-normandie-sante.fr/portail/

http://silver-normandie.fr/

http://www.connexions-normandie.fr/2013/01/10/e-sante-dependance-vivre-chez-soi-grace-a-la-domotique-poleTES/

http://www.telesante-basse-normandie.fr/gallery_files/site/1533/1534/1620/4331/4707/10787.pdf

http://www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Dossier_de_presse_-_Silver_Normandie_-_janvier_2014.pdf