Burqa ou pas burqa ?

Publié le 07 février 2010 par Patjol


La burqa choque les Français dans leur culture, pour plusieurs raisons.

  • D'abord, la condition de la femme. Être obligée de se cacher ainsi quand les hommes peuvent s'habiller normalement, c'est très dégradant. Le problème, c'est que beaucoup de femmes qui portent la burqa en France le font volontairement. Et comment savoir si elles sont volontaires ou non ?
  • La sécurité. La burqa est un moyen aisé de se cacher pour commettre des méfaits sans pouvoir être reconnu. Un faits divers l'a déjà montré (voir La poste braquée en burqa)
  • Dans notre culture, et dans la plupart des cultures du monde, on appréhende l'autre au travers de son visage. Un visage dissimulé donne une impression de fantôme, d'un être dérangeant avec qui toute communication normale, même non-verbale, est impossible.
Alors faut-il une loi, et laquelle ?
J'ai trouvé peu d'arguments pour ne pas interdire la burqa.Parmi ceux-ci :
  • Elle serait très difficilement appliquable. Ce sont les policiers qui le disent. Comment contenir la délinquance et s'attaquer en même temps aux burqas ? Comment interpeller les femmes en burqa, pratiquement toutes situées dans des zones où les policiers ont vite fait de se faire caillasser si ce n'est plus ? Les femmes qui refuseront d'enlever la burqa devront être verbalisées au poste, ce qui suppose d'effectuer une fouille au préalable. A-t-on une femme policier dans chaque patrouille pour le faire ?
  • Une loi interdisant la burqa risquerait de jeter l'opprobre sur toute la communauté musulmane, voire même de donner une image islamophobe de la société française. Ce risque me paraît très faible, l'immense majorité des musulmans comprenant très bien l'utilité d'une telle loi.
J'ai plus d'arguments pour interdire la burqa :
  • Les trois raisons exposées au début pour lesquelles la burqa heurte la culture française.
  • Rien que le fait qu'il y ait une loi pour interdire la burqa devrait dissuader des femmes de la porter (pas toutes), même s'il n'y aura jamais assez de policiers pour faire appliquer l'interdiction partout.
  • Le fait que la burqa ne soit pas une prescription religieuse. Pour le voile, ça peut se discuter mais l'interprétation majoritaire du Coran veut que les femes soient voilées. Nulle part le Coran interdit aux femmes de montrer leur visage.
  • Le fait que beaucoup de pays musulmans aient interdit les voiles intégraux. Même dans la prestigieuse université Al-Azhar,la plus grande autorité de l'islam sunnite, les femmes ne peuvent pas dissimuler leur visage.
  • Le fait que la plupart des femmes qui portent la burqa en France soient des converties, des femmes qui veulent absolument aller jusqu'au bout de leur foi, ou ce qu'elles pensent en être l'aboutissement. Comme le dit Fawzia Zouari, essayiste tunisienne auteur de "Ce voile qui déchire la France", " Elles viennent en général de milieux chrétiens, et en gardent les réflexes : Il leur faut aller jusqu'au bout du chemin du Christ pour faire mieux que les autres. Or elles se trompent : L'islam n'est pas une religion de mortification, mais de vie. "
Alors, comme les députés, je suis contre la burqa. J'ai enfin compris l'utilité pour l'assemblée nationale de voter des résolutions, affirmations qui n'ont aucun effet législatif. Dans le cas qui nous occupent, ils sont tous d'accord pour condamner la burqa mais ils se déchirent sur la réaction à apporter.
La commission parlementaire chargée du sujet a proposé d'interdire la burqa dans les services publics (transports en commun, par exemple). Ca me semble un bon compromis, parce que l'interdiction totale, dans tout l'espace public serait vraiment inapplicable, et pas forcément nécessaire.

Dans tout cet article, j'ai appelé burqua tous les voiles qui couvrent le visage des femmes, qu'ils cachent aussi les yeux ou pas. Ca peut être la burqa afghane, le niqab saoudien, le haïk qui a pratiquement disparu du Maghreb ou le tchador iranien.