Parlez-moi d'Amour!? Pragmatisme, Plaisir, Efficacité, Optimisme, Bonheur, Rentabilité, Compétitivité : les mariages réussis

Publié le 27 février 2015 par Sapiens Pietro Cossu
http://www.tv-replay.fr/redirection/24-02-15/le-bonheur-au-travail-arte-11008056.html

Parlez-moi d'amour....

J'en parlais, il y a trois semaines... du Bonheur en Entreprise.

L e 24 Février 2015, Arte a diffusé ce documentaire qui illustre bien les travaux récents des auteurs de "Liberté et Cie", et surtout le résultat de ceux - entreprises, équipes, services, "business units", qui se sont engagés dans cette approche aux allures rebelles pour certains, révolutionnaires et géniales pour d'autres.

Le mieux qu'on puisse en dire, c'est qu'ici, il n'y a pas de dogme, mais un degré hautement assumé de pragmatisme et par voie de conséquence de capacité d'ajustement.

Pas de discours inutiles sur le pourquoi et le comment du "tout change tout le temps". On le sait. Et "on EST" soi-même ce changement. Et on agit de manière raisonnée, en rendant la Responsabilité, la Confiance et la Latitude d'action à ceux qui "font" l'entreprise. Le Management est là pour "Accompagner", Faciliter, Servir. Facteurs d'accélération et de faisabilité, rendant au Service son sens le plus noble et le plus utile.

Le plus difficile pour les managers et les dirigeants - dont j'ai fait longtemps partie avant d'accompagner et d'aider au changement , c'est le rapport aux contrôles. La peur des dérapages, d'être submergé par les "tire-au-flanc", par des logiques de pouvoir, par des fraudes... Ces craintes qui sont des freins magnifiques, ont été dépassées par les explorateurs de ces nouveaux "modèles" concrets. Je met "modèle" entre guillemets parceque c'est justement ce qu'il ne sont pas vraiment. Ils sont générés à chaque fois par l'organisation elle-même.

Les nouvelles démarches d'accompagnement au changement (et notamment l'Appreciative Inquiry, dont il est question aussi dans plusieurs sujets de ce blog) sont un outil tout désigné pour faire émerger ces modes de fonctionnement, efficaces, durables, et dans lesquels aussi bien les salariés, que les managers, les dirigeants et les actionnaires sont in fine plus heureux.

Mias avouons-le, nous sommes encore en grande partie guidés par ces peurs évoquées quelques lignes plus haut ... . Et c'est normal, les dirigeants d'aujourd'hui - et j'en étais - ont été formés à l'école du "contrôle bien compris" et aux modèles managériaux du manageur-pilote, Capitaine/Maître après Dieu, voire dans le meilleurs des cas du "manager-sauveur", mais surtout pas du "Manager-Serviteur" (là, j'en étais aussi, comme quelques avant-gardistes, ces curieux qui explorent... un peu avant l'heure... et parfois un peu trop tôt ;-) ).

Et ceux qui ont su dépasser ces craintes et "faire avec" sont, d'un point de vue stratégique, les vrais "barbares", donc les conquérants et la noblesse de demain. Car leurs entreprises prospèrent là où d'autres piétinent... Comme Favi qui vend des pièces de boîtes de vitesse à l'industrie automobile chinoise... Ou la Biscuiterie Poult ressuscitée et créative, sur un marché reconquis.

Et ils mettent en exergue les coûts monstrueux - en termes financiers, en termes d'organisation et en termes - humains que cette culture du contrôle porte en elle.

Tout ça ne veut pas dire d'ailleurs que tout contrôle est aboli. Ca veut d'abord dire que rien ne vient supplanter la confiance et que la "régulation" se fait "de l'intérieur", pour peu qu'on "ne fasse pas semblant". Car comme le dit un des dirigeants de cette nouvelle race d'entreprises : "Bien-sûr qu'il y a encore des documents de contrôle ou de suivi à remplir, mais uniquement ceux qui sont exigés par nos clients dans le cadre de leur suivi de qualité"... Car dans ces entreprises, on est aussi guidé par "l'amour" du client. Peut-être aussi par "l'amour" du métier. Et on ne verra pas d'inconvénient à se conformer aux exigences des régulateurs dans les professions règlementées, où "l'amour de la sécurité du client" est enraciné ;-) ;-) ;-)

Car tous ces mots ne semblent pas faire peur aux nouveaux "conquérants" de "l'amour de l'entreprendre ensemble".