Le premier de chaque mois, c'est extra !

Publié le 01 mai 2015 par Philisine Cave

image captée sur le site Intermedias


Voici quelques petits bonheurs du mois passé :
1) À la fête d'anniversaire d'une de mes amies, j'ai eu le temps et le courage de lui dire que je l'aimais très fort. Voilà, m'épancher m'est difficile (surtout auprès de mes proches) mais l'âge aidant, je gagne en sérénité et en confiance.
2) Une journée de vendredi magnifique : une conférence le matin sur les techniques mathématiques utilisées pour visualiser les courants marins mondiaux (observer l'éblouissante simulation informatique, voir la dérive modélisée d'une bouteille jetée à la mer, reconnaître les méthodes numériques en jeu apprises cette année pour la programmation des logiciels et être fière de tout comprendre), déjeuner avec une amie sur son lieu de travail (échanger, communiquer, partager), rentrer et récupérer mes pépettes (qui sitôt arrivées à la maison, partent vadrouiller chez les copines) et se retrouver toute seule, en se la jouant « Punaise, la vie passe trop vite ! J'ai même pas le temps de m'ennuyer !».
  3) Après des mois d'attente (je les ai menacées de finir à la poubelle), mes orchidées se réveillent. J'en ai surnommée une « le Phénix » (je l'avais récupérée dans un état de sécheresse de chez une amie) : elle va peut-être me donner une petite fleur (promis, si floraison il y a, vous aurez le droit à une petite photo). Comme quoi, dans la vie, il ne faut jamais désespérer ! 
        ******************************************************************************* 1er mai : une date importante dans mon calendrier. L'année 2015 est rude pour tout le monde : la menace d'attentats qui persiste, les conflits et les génocides toujours présents et parfois tus, les catastrophes naturelles qui apparaissent, les plans sociaux qui fleurissent.
Je suis d'une nature optimiste mais voilà, je profite de cette fête pour exprimer mon désarroi face aux conditions de travail qui se détériorent, au mépris des politiques à l'égard des travailleurs (non, je ne fais pas mon Arlette), à la confiscation du terme « entreprise » par les dirigeants qui ont annexé cette désignation en remplaçant le CNPF (conseil national du patronat français) par le MEDEF (mouvement des entreprises de France).
L'entreprise ne s'est jamais réduite ni à son PDG souvent parachuté à ce poste, ni à ses actionnaires lorsqu'il y en a. Non, l'entreprise ne veut pas licencier, ses cadres dirigeants et actionnaires, eux, peut-être pour une économie de Polichinelle. Non, l'entreprise n'exige pas qu'on soumette une de ses composantes (ses salariés), certains patrons y voient leur intérêt : dénaturer les fonctions, rendre dociles leurs employés (le chômage de masse est un levier de soumission), confisquer les savoir-faire (parce que savoir donne un certain pouvoir. Or en France, il y a une certaine inquiétude/impossibilité de la part des patrons à laisser autonome le personnel) en proposant des tâches complexes qui ont l'art de noyer le poisson et les missions.
Une PME ou un groupe n'est pas viable sans sa composante ouvrière, celle-là même qui connaît toutes les fonctions intrinsèques à l'entreprise. Lorsqu'un plan de restructuration s'annonce, c'est l'efficacité ralentie et une pauvreté intellectuelle qui se profilent : les économies de moyens annoncées voire outrageusement clamées (histoire de jouer sur un cours boursier) fragilisent l'ossature du tout. 
On ne gagne rien à démobiliser le personnel, on ne gagne rien à le rendre constamment apprenant (sauf à le soumettre) parce qu'un humain en apprentissage systématique n'est jamais au point. Nous sommes entrés dans l'ère du zapping qui fait la part belle à la valorisation de l'amateurisme : on se mue dans le vide, on rend gloire aux agitateurs du ciboulot qui ne produisent en général que du vent mais qui parlent bien, et surtout agissent sans état d'âme. 
Les Français sont attachés à donner un sens aux missions qui leur sont confiées. En général, ils ne comptent pas leur temps. Tout le monde y perd à ne pas être respecté et principalement, les patrons (parce qu'à force de perturber les employés, à les dé-missionner, à les réduire en blocs horaire, ils perdront non seulement leur fidélité mais aussi la qualité du travail fourni).
J'aimerais que les journalistes et les chroniqueurs économistes fassent l'effort sémantique de distinguer les entreprises des dirigeants.
J'aimerais que l'opinion publique, extrêmement dure à l'égard des travailleurs, change : personne n'est heureux d'être en grève, personne ne se satisfait que les mouvements de mécontentement perdurent.
J'aimerais que les syndicats arrêtent de jouer la carte des primes (plutôt, de la déprime) : qu'ils deviennent force de proposition de rythme décent de conditions de travail, qu'ils arrêtent de monnayer la santé des salariés en échange de postes maintenus (comme à Noyelles Godault où certains ont volontairement fermé les yeux devant des cas de saturnisme et de pollution des sols, pour préserver des emplois, perdus par la suite) !
On a tous à y gagner à réagir et à se révolter, parce que ce qu'on subit devient insupportable (le chômage de masse est une aberration).
Bonne fête du 1er mai à tous et à toutes !  

image captée sur le site Au jardin