Et les républicaines alors?

Publié le 03 mai 2015 par Allo C'Est Fini

On aurait pu croire à un gros gag, un poisson d’avril comme tant d’autres. Mais non, c’est sérieux, et même plus que sérieux. L’UMP, et particulièrement son président Nicolas Sarkozy, envisagent de rebaptiser le principal parti de droite et de le nommer « Les républicains ». Evidemment, on pense au nom du parti qui a porté à la présidence des Etats-Unis d’Amérique ces glorieux présidents que furent Georges Bush (H. et W.) ou Ronald Reagan. Mais on se dit aussi que ce qui passe bien de l’autre côté de l’Atlantique paraît pompeux et prétentieux de ce côté-ci; Il y a plusieurs choses qui gênent avec ce projet de nom.
Aux Etats-Unis, c’est le parti qui est républicain

Et pourquoi pas le même logo? Après les éléphants du PS…

Aux Etats-Unis, ce ne sont pas les membres du parti qui sont républicains, c’est le parti qui l’est. La nuance est forte: on parle de parti républicain, parti démocrate, même si par extension, les membres sont appelés directement « les républicains » et « les démocrates ». Mais il faut dire que le « Parti républicain » a bien existé en France, entre 1977 et 1997; c’était le parti des centristes plutôt de droite, des Longuet et Madelin. Une telle ascendance n’aurait pas été du meilleur effet.

Et les républicaines, bordel?

La langue française accorde au masculin une assemblée mixte, on ne peut reprocher cela aux futurs républicains. Oui, mais une appellation plus neutre, du genre « Rassemblement pour la république », ou « Union pour la majorité présidentielle » présentait l’avantage d’éviter ce pluriel global. Avec « les républicains », les républicaines s’effacent.


Ah, les belles républicaines…

On notera au passage que pour les socialistes, les communistes ou les écologistes, ce problème disparaît naturellement, puisque c’est le même adjectif qui sert aussi bien pour les formes masculines et féminines.

Nous sommes tous des républicains

Le principal problème de cette dénomination, c’est l’OPA de l’UMP sur un sous-jacent de notre démocratie: la République. Ce qui n’est pas républicain deviendrait-il anti-républicain? Le FN, le PS, les verts, le NPA deviendront-ils anti-républicains par un simple jeu sémantique? Bien évidemment non (quoique pour le FN…).

Alors, que doivent faire les autres partis avec un adversaire au nom aussi embarrassant? Le laisser se dépatouiller avec pros et ses anti-républicains? Changer de nom eux aussi? De ce point de vue là, le président de l’UMP a réussi un joli coup en occupant l’espace médiatique sur un sujet de relativement faible importance, et en mobilisant l’attention sur lui et son parti. Décidément, il nous revient en grande forme; on n’a pas fini de rigoler d’ici 2017…

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