47 ronin - 6/10

Par Aelezig

Un film de Carl Rinsch (2013 - USA) avec Keanu Reeves, Hiroyuki Sanada, Rinko Kikushi, Tadanobu Asano, Kho Shibasaki

Regardable.

L'histoire : Japon, début du XVIIIe. Le pays est divisé en nombre de seigneureries, dirigées chacune par un daimyo, entouré de ses fidèles soldats : les samouraïs. Ces petits royaumes sont regroupés sous la gouvernance du Shogun de Tokyo (l'Empereur n'ayant qu'un rôle honorifique de gardien des traditions). Ako est l'un de ses petits royaumes, dirigé par le daimyo Asano, lequel a recueilli et élevé un jeune sang-mêlé, Kai, fruit des amours interdites d'une Japonais et d'un Anglais, venu d'une île voisine (à cette époque, et pendant encore longtemps, le Japon interdisait son territoire à toute présence étrangère). Ako va recevoir la visite du Shogun et d'un autre daimyo, rival, Kira. Envoûté par une sorcière, alliée du clan de Kira, Asano va tenter d'assassiner ce dernier, provoquant la fureur du Shogun qui condamne Asano au seppuku (ce que nous, nous appelons hara-kiri). Ses samouraïs sont déchus au titre de ronins, voués à l'errance, et sa fille Mika, fiancée de force à Kira. Mais 47 ronins, auxquels va se joindre Kai, décident, malgré l'interdiction formelle du Shogun, de venger leur daimyo...

Mon avis : Adapté d'une histoire vraie, le film raconte un fait qui s'est passé en 1701 au Japon, devenu une véritable légende, le lieu où sont enterrés les ronins attirant d'innombrables pélerins. Pour égayer l'affaire, le réalisateur a introduit des éléments imaginaires, empruntés aux légendes et mythes japonais : sorcières, fantômes, démons... A cet égard, j'ai adoré une courte scène, dans une forêt de bambous, hantée par les fantômes d'enfants perdus ou non désirés...

Le film m'a cependant tout de suite fait penser à un Paul W.S. Anderson : des costumes et des décors très soignés, mais un scénario bas du front (les traditions, les enjeux, sont survolés au profit de l'action et du decorum) et une mise en scène parfois un peu kitsch.

J'ai aussi été déçue par mon beau Keanu, qui se fait si rare sur les écrans désormais. Il tourne, mais la plupart du temps dans des séries B et des navets. Il a également réalisé un film, Man of Tai Chi, un bide a priori, même pas distribué en France. Quel gâchis. On sait qu'il a connu au début des années 2000 une période très éprouvante avec une petite fille mort-née, puis le décès de sa compagne dans un accident de voiture. J'aimerais tant qu'il nous revienne, dans de beaux grands films, comme dans Little Buddha, L'associé du diable ou les Matrix, entre autres. Ici, il est quasi transparent malgré quelques belles scènes... Il est nettement devancé par ses collègues, notamment Hiroyuki Sanada et Tadanobu Asano. A noter que son personnage est fictif ! Il a été ajouté pour séduire le public occidental...

La fin est terriblement triste mais correspond au code d'honneur des samouraïs et à la civilisation japonaise.

A voir pour la plutôt bonne reconstitution du Japon du XVIIIe siècle. Les décors et les costumes sont somptueux, et les effets spéciaux sympas.

Les critiques presse n'étaient pas fameuses (on lui reproche un côté inabouti, et un manque d'émotions, c'est un peu ce que je ressens), et le film n'a fait que 240.000 entrées en France. Le film, doté d'un budget pharaonique, a fait globablement un gros flop...