Assistance, vous avez dit assistance?

Publié le 08 mai 2015 par Harmonic777888 @phbarraque

 Une journée qui commence bien, et puis un coup de fil de mon amie Cesarina qui a sa voiture accidentée au bord d’une départementale, à Le Mesnil-Simon, dans l’Eure-et-Loir. Quand j’arrive sur place, c’est le grand jeu, Monsieur le Maire a appelé les deux gendarmes d’Anet et les pompiers qui arrivent dans leurs fiers uniformes flambant l’intervention d’urgence.

Cesarina conduit un véhicule adapté à son handicap et elle est là, plantée au milieu de tout ce monde très affairé à appliquer un protocole on ne peut plus virtuel, puisqu’il n’y a pas de blessé! Les pompiers lui font signer une décharge et tournent les talons, sans état d’âme. Force est de constater que ça ne préoccupe personne qu’elle n’a, dans cette charmante campagne normande, aucun moyen de transport adapté pour rentrer chez elle. Il y a bien un gendarme, avec son accent du sud-ouest, qui tente de faire comprendre à Europe Assistance, avec qui nous parlementons depuis une heure, que sa demande est légitime, mais en vain.

Nous restons Cesarina et moi au bord de la route, sous le regard de certains habitants de Le Mesnil-Simon, planqués derrière leurs rideaux de fenêtres restées hermétiquement closes à toute marque d’empathie. Les voix téléphoniques se succèdent à Europe Assistance, puis à Axa Assistance, avec des propositions des plus abracadabrantes, l’une suggérant de la monter dans la dépanneuse, une autre indiquant que le transport adapté n’est pas couvert par le contrat et que de toute manière, les ambulanciers contactés ont refusé de charger le fauteuil électrique.

Plusieurs heures passent. Le véhicule accidenté est pris en charge – lui!- et nous faisons toujours de la figuration sur le bord de la départementale idéalement baptisée à cet endroit : « Route de Normandie ». En fait de Normandie, c’est plutôt l’embarquement qui nous intéresserait et non ce débarquement obligé dans ce village insignifiant. Comment croyez-vous que cela se termina? Nous avons fait appel à une amie qui a démonté le fauteuil électrique pour qu’il rentre dans son coffre et a transféré avec difficulté Cesarina dans sa Golf.

Vous voyez, c’est cela le handicap en France, des gendarmes et des pompiers qui ont pour vocation de porter assistance et qui laisse une personne handicapée dans un fauteuil électrique au bord de la route, des sociétés d’assistance qui ne l’assistent pas, des citoyens qui ferment les yeux sur ce scandale ordinaire des personnes en situation de handicap considérées comme des citoyens de seconde zone.

P.B.