L'épreuve: quand un beau sujet et une grande actrice ne font pas un grand film

Par Filou49 @blog_bazart

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Le 9 avril dernier, nous avons assisté, Michel et moi, à une avant première lyonnaise assez exceptionnelle puisqu'il s'agissait de celle du film "L'épreuve" d'Erik Poppe en présence de son actrice principale qui est accessoirement une de nos plus grandes stars françaises.

Je veux évidemment parler de l'extraordinaire Juliette Binoche, et cette soirée, où elle échangea pendant 45 minutes et répondit aux questions parfois saugrenues des spectateursprouva- si besoin était- à quel point cette actrice est humble et investie dans son métier.

En général, Juliette choisit avec beaucoup de sincèrement aussi les films dans lesquels elle joue, et même si l'épreuve avait mis plus de deux ans à sortir sur nos écrans, et qu'il sortait juste avant Cannes à une date qui fait toujours un peu peur, on avait très envie de croire au potentiel du film

D'autant plus que celui-ci possède un fort beau sujet de départ, puisqu'on y suit les états d'âme et letiraillement intérieur d'une photographe de guerre, partagée entre sa passion de reporter photo de guerre et sa vie de famille plus conventionnelle.

L'épreuve a donc l'immense mérite mettre le projecteur (façon de parler) sur un métier peu connu, celui de photoreporter de guerre, profession oh combien admirable et indispensable pour témoigner des conflits du monde entier et de ce que subissent des victimes innocentes.

De plus, lors du débat avec Juliette B, on a appris que le réalisateur Erik Poppe avait officié lui-même dans ce métier pendant plusieurs années, c'est dire à quel point il était légitime pour traiter le sujet.

Il est d'autant plus dommage que le film laisse à ce point une impression si mitigée, malgré une belle photographie de J-C. Rosenlund. Mais en même temps cette photographie donne un côté très stylisé et trop stylisé qui dessert le film et qui l'emmène parfois du coté du roman photo ou des publicités pour les assurances notamment dans les parties intimes qu'on aurait voulues bien plus tendues et crédibles.

Un excès de ralenti et de musique sirupeuse plombent hélas largement le propos, et on pense alors sur un même sujet à " Harrison's Flowers " du pourtant pas toujours très subtil'Elie Chouraqui sorti en 2001 avec Andie McDowell et Adrian Brodydont la mise en scène servait mieux le sujet

On sauvera évidemment la prestation toujours irréprochable de Juliette Binoche et les scènes, plus intéressantes avec sa fille aînée incarnée par la très juste Lauryn Canny, adolescente tiraillée entre la rancœur et l'admiration vis-à-vis de sa mère. Malheureusement, les scènes de Binoche avec son mari sont moins justes et fortes.

Trop prévisible et trop bancal, on comprend mieux à la vision de cette "épreuve" (qui n'est en est quand même pas une pour le spectateur, on ne peut même pas faire ce jeu de mots sur le titre) pourquoi sa sortie en salles fut tant sacrifiée...

L'EPREUVE - Bande-annonce