Dîner-test au restaurant Ciasa Mia Paris

Publié le 11 mai 2015 par Esther Baruchel

Habituée des restaurants parisiens, découvrir Ciasa Mia, niché derrière le Panthéon, fût une surprise totale : devant un feu de cheminée, j’ai dégusté une cuisine très généreuse, préparée et servie avec coeur. La maîtresse des lieux, Francesca, assure le service en habit tyrolien, tandis que son mari, Samuel Mocci officie derrière les fourneaux. On se sent hors du temps, dans un décor des plus dépaysants et étudiés (jusque dans les toilettes, où le ravissant lavabo est orné de pierres noires). Chez Ciasa Mia, on déguste une cuisine italienne très originale dans une ambiance tamisée et romantique.

Restaurant Ciasa Mia Paris

Ce qui devait être un menu dégustation en 7 plats (73 euros / personne) s’est transformé en un dîner de roi où se sont succédés une quinzaine de mets, tant Francesca et Samuel avaient à coeur de me faire savourer toute la palette de leur cuisine. Un régal, tant sur le plan gustatif que pour les yeux.

L’amuse-bouche (géant !) se mariait à merveille avec le Prosecco : meringue à la betterave et crème de raifort / pain éponge à l encre de seiche crème d oignons et pousses de poireaux / chips de céleri avec crème de foie de volaille fumé. Croquant, moelleux, une parfaite introduction à ce repas de fête.

La première entrée, une brennsuppe du sud Tyrol (soupe de farine de seigle roti et cuisiné avec bouillon de boeuf), raviolini aux pignons de pin et poudre de café d’ Anterivo était très puissante, délicieuse le pain chaud maison délicatement servi dans un sac en tissu. On comprend alors qu’on va gouter des saveurs déstabilisantes, loin de ce que l’on connaît. Exit les pizzas et les pâtes traditionnelles italiennes !

brennsuppe du sud Tyrol

Le carpaccio d’asperges blanches, asperges vertes grillées au sapin, oeuf mollet à 60° et truffe Bianchetto d Abruzzo apporte le juste équilibre avec l’entrée précédente, avec une fraîcheur et une douceur bienvenue.

Le carpaccio d’asperges blanches, asperges vertes grillées au sapin

Le mi-cuit de truite saumonée, spuma de raifort, coulis de persil, blinis de pommes de terre et oignons rouges à la vinaigrette fût une révélation : poisson fondant, présentation ravissante, portions très généreuses.

Le mi-cuit de truite saumonée, spuma de raifort

L’appétit commençait à manquer, mais la curiosité et la gourmandise étaient encore bien là ! Le carpaccio de carne salada, rosti de pommes de terre, oignons confite et spuma de haricots Borlotti était léger et raffiné. Je n’ai jamais mangé un rosti aussi divin !

Le carpaccio de carne salada, rosti de pommes de terre

Le clou du dîner : stangolapreti aux epinards, pintade royale au sapin, spuma de pois chiches au romarin. Apporté par Francesca sur un rondin d’arbre, sous une cloche transparente, on se serait cru dans un restaurant étoilé.

stangolapreti aux epinards, pintade royale au sapin


Une viande très tendre, avec un accompagnement surprenant. Et je n’étais pas au bout de mes surprises !

Le ravioli de ricotta parfumé à l orange, écrevisses et leur bisque avec de la truffe Bianchetto était plaisant, mon seul petit reproche serait que les écrevisses avait un peu gout d’eau, et pas assez de crustacés.

Le ravioli de ricotta parfumé à l orange, écrevisses et leur bisque avec de la truffe Bianchetto

A ce stade du repas, je dois dire qu’une petite pause s’est imposée, pour admirer la décoration, discuter avec mon convive, et profiter de cette soirée si déroutante. Le service était prévenant sans être trop présent, les sourires étaient sincères et on se sentait réellement « comme à la maison »… en mieux !

S’en est suivi la lotte pochée au basilic avec velouté de petit pois, meringue moelleuse aux champignons de paris et polenta blanche. Chair délicate, association de saveurs une fois encore inhabituelle.

La lotte pochée au basilic avec velouté de petit pois

Ce dîner gargantuesque s’est poursuivi avec le dernier plat : le pigeon au vin brulé avec sa cuisse confite, mousse de mais, topinambourg grillé et sauce au vin. Quel délice ! Une viande très fondante au parfum doux, une mousse de mais acide (peut-être un peu trop pour moi, mais elle a fait le régal de mon invité), sans doute un des meilleurs souvenir de ce repas.

le pigeon au vin brulé avec sa cuisse confite, mousse de mais

Le pré dessert  était très amusant et romantique : le buchteln aux grains de pavot et zeste d’ orange (sorte de brioche que chacun tire de son côté afin d’en prendre une moitié), sauce à la vanille. Une belle promesse pour les deux desserts suivants !

Le schneemilch du sud Tyrol, avec muesli de fruits secs et raisins et sorbet à la rhubarbe m’a enthousiasmée. Mousseux, aérien, croquant, une douceur très équilibrée.

Le schneemilch du sud Tyrol, avec muesli de fruits secs

Et…pour finir en apothéose… un sublime bunet de piemont aux amaretti, cacao et café avec un coeur au caramel et glace au sapin. J’ai adoré le mélange des textures, la beauté du dessert et sa finesse.

Le bunet de piemont aux amaretti, cacao et café

Croyez-le ou non, j’ai accepté un café et croqué dans un des petits sablés qui trônaient sur la table !

Certainement le dîner le plus étonnant de ma vie, tellement différent, et avec tant d’attentions pour les petits détails. Francesca et Samuel ont une belle âme, et leur personnalité rayonne dans leur restaurant. Je les ai quittés avec une émotion certaine, et l’envie de faire connaître Ciasa Mia.

Je recommande ce restaurant hors normes pour un dîner spécial, c’est l’endroit rêvé pour surprendre !

Pour réserver :
Ciasa Mia
01 84 19 17 41
19, rue Laplace
75005 Paris