Le Festival Tangopostale ouvre bientôt le bal à Toulouse [ici]

Publié le 04 juin 2015 par Jyj9icx6
Mes lecteurs de longue date connaissent bien cette manifestation qui s'apprête à lancer cette année sa septième édition dans la ville qui vit naître Carlos Gardel.
Tangopostale consacrera sa semaine au tango et à ses letras, donc à ses poètes, et ne manquera pas de rendre hommage à l'enfant du pays, dont on va célébrer le 80ème anniversaire de la mort à Medellín, et à Horacio Ferrer, le grand poète qui nous a quittés le 21 décembre dernier à l'âge de 81 ans.
Loin de se limiter à un programme de cours de danse, de pratiques et de milongas, avec ou sans musiciens, Tangopostale est l'un des très rares festivals de tango qui, hors d'Argentine, accorde sa juste place à l'ensemble des disciplines du genre (musique, poésie, chant, cinéma, théâtre, arts plastiques, histoire) et qui présente le tango dans toute la complexité de son contexte culturel, laissant même un espace au folklore et aux coutumes populaires comme la traditionnelle peña (1), qui se tient cette année dans un nouveau lieu mais toujours sur les bords du Canal du Midi. Merci à la petite équipe de bénévoles qui travaillent toute l'année à cette réussite pour un début d'été qui bénéficie à toute la ville, à ses hôteliers, à ses commerçants. Le festival investit en effet toute la Ville Rose, s'installant dans tel ou tel bâtiment historique, sur des places, dans des librairies, des bars et restaurants à la bonne franquette et au sein de quelques institutions publiques (médiathèque autrefois, auditorium Saint-Pierre des cuisines aujourd'hui, nouvelle MJC du Pont des Demoiselles, conservatoire, théâtre ou Institut Cervantes)... Consultez leur site Internet pour découvrir le programme éclectique qu'ils vous proposent du 26 juin au 5 juillet 2015 : il y en a pour tous les goûts et à toutes les heures comme dans un festival argentin ! * * *
Pour ma part, j'y serai tout au long de la semaine pour animer quatre activités (il se peut qu'on m'attribue encore une ou deux autres petites choses). A mon programme, deux ateliers littéraires pour découvrir les textes de tango, une séance de dédicace à la librairie Ombres Blanches, en compagnie de la rédactrice en chef de la revue portègne Tinta Roja (2), Vanina Steiner, et une visite commentée de l'exposition itinérante Expoésie qui présentera une quinzaine de textes en version bilingue (répertoire classique et actuel), en grande partie dans mes traductions tirées de mes anthologies (Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru aux Editions du Jasmin, et Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire dutango, paru chez Tarabuste Editions).
Le 27 juin de 14h à 15h30 : atelier littéraire sur les tangos anciens à la Maison de la Citoyenneté autour de deux chansons du répertoire de Carlos Gardel, pour le saluer à l'anniversaire de sa mort dans la ville qui l'a vu naître (le 11 décembre 1890) : Milonga del 900 (texte de Homero Manzi, qui écrivit aussi Barrio de Tango) et Mano a mano (3) (texte de Celedonio Esteban Flores, qui fut le poète qui offrit à Carlos Gardel l'un des premiers tangos, sinon le premier, qu'il alla chercher à travers Buenos Aires, Margot). Les deux morceaux ont marqué de leur empreinte l'élaboration de trois archétypes du répertoire traditionnel du tango : la figure du mauvais garçon, le célèbre malevo, et les deux figures de l'amante vénale et du brave homme du peuple délaissé par sa bien-aimée.
Le 28 juin de 14h à 15h30 : atelier littéraire sur les tangos de la nouvelle vague à la salle San Subra pour un hommage à Horacio Ferrer, le grand poète qui nous a quittés le 21 décembre dernier, en ce jour où la Academia Nacional del Tango qu'il avait fondée fêtera ses vingt-cinq ans d'existence. J'ai choisi pour cette occasion de vous présenter la valse Chiquilín de Bachín (3), dont il existe près d'une centaine d'enregistrements, et le tango (moins connu) La última grela. L'un se penche sur le drame de la pauvreté et de la mendicité enfantine et l'autre évoque la figure, déjà disparue, de l'entraîneuse de cabaret qui a tant marqué l'imaginaire populaire de la ville de Buenos Aires tout au long des années 1920, 1930 et 1940 jusqu'à sa brutale évaporation dans la nord-américanisation à marche forcée de la vie culturelle portègne après le coup d'Etat contre Perón en septembre 1955.
Les deux ateliers sont gratuits. Les textes seront fournis en version bilingue aux participants au début de la rencontre.

On y danse aussi, en plein air ou en salle... Voir le programme


Le 28 juin à 17h30, je serai à nouveau salle San Subra où sera montée l'exposition itinérante Expoésie que je commenterai à la demande jusqu'à 18h30, tout en faisant éventuellement goûter au mate à ceux des participants qui seront curieux de cette expérience gustative dépaysante !
Le 4 juin à partir de 14 h : dédicace de mes ouvrages sur la culture populaire argentine à la librairie Ombres Blanches, partenaire du festival, 3 rue Mirepoix, pour une après-midi partagée avec Vanina Steiner, qui présentera de son côté Tinta Roja ainsi qu'un livre qu'elle consacre à Alorsa (1970-2009), auteur-compositeur interprète de La Plata dont je vous ai souvent parlé. C'était un grand artiste et un grand ami personnel en ce qui me concerne. C'est un point supplémentaire que je partage avec Vanina. Cette dédicace devrait être la toute première présentation publique de Contes animaliers d'Argentine, avant une seconde séance, un mois plus tard, le 4 août, au musée du quai Branly à Paris. Si tout va bien, j'aurai avec moi mate et thermos. Rueda de mate à la demande donc comme à chaque fois qu'un mate pointe sa bombilla dans les parages dans un environnement argentin (ou uruguayen).
Pour en savoir plus : consultez le site Internet du festival Tangopostale connectez-vous à la page Facebook de cette belle manifestation toulousaine qui manquerait au paysage tanguero français et européen si la nouvelle municipalité cessait de la soutenir. Merci à l'ancien maire de Toulouse et à l'actuel d'apporter le concours de la ville pour faire de ce festival un très beau rendez-vous qui est devenu une référence et attire de plus en plus de monde dans la Ville Rose pour chanter, lire, regarder, manger et danser ! Vous pouvez également consulter mon Agenda sur mon site Internet.
(1) Une fête débridée, de nuit, où tout le monde danse et chante et où en général on aime manger et boire... (2) La revue Tinta Roja figure parmi les liens permanents de la Colonne de droite de ce blog. (3) Mano a Mano et Chiquilín de Bachín font partie du corpus de letras que j'ai publié sous le titre Barrio de Tango, recueil de tangos argentins (Editions du Jasmin). Milonga del 900 donnera lieu à une traduction inédite. La última grela avait déjà été présentée lors de ma conférence sur La place de la femme dans le répertoire du tango, donnée le 7 mars 2015 à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre (Paris).