Critiques Séries : Louie. Saison 5. Episodes 7 et 8.

Publié le 08 juin 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

Louie // Saison 5. Episodes 7 et 8. The Road (Part 1) / The Road (Part 2).
SEASON FINALE


La gourmandise n’est pas le maitre mot de FX Network et c’est une excellente chose. En effet, Louis C.K. n’a pu produire que 8 épisodes de Louie cette année, pas de soucis, la série ne doit pas être dénaturée par quelque chose de gourmand. Trop d’épisodes aurait peut-être été une mauvaise idée. En tout cas, je pense que l’on ne pouvait pas mieux terminer la saison 5 de Louie qu’avec un double épisode comme celui-ci où Louie, notre héros, se retrouve à faire dans un premier temps un voyage à Cincinnati puis à Charlotte dans la seconde partie. Les gags sont efficaces dans ces deux épisodes car ils sont typiques de ce que l’on a pour habitude de voir dans l’univers de Louie. Que cela soit le running gag de l’avion, du chauffeur (que cela soit un chauffeur passionné qui ne fait que poser des questions ce qui va énerver Louie dans la première partie et un chauffeur qui ne regarde pas la route, seulement son portable, dans la seconde partie). Et cet épisode est bourré de choses de ce genre là qui permettent de confronter Louie face au fait qu’il est peut-être devenu aigri, qu’il est peut-être trop papa poule, etc. Il y a tout un tas de choses dans ces deux épisodes qui fonctionnent terriblement bien car l’humour dans cette série est souvent rugueux, rugueux comme dans ces deux épisodes, gérant en parallèle quelque chose de beaucoup plus dramatique (Louie qui fond en larmes à la fin de la seconde partie car il adore les blagues de pets).

Le premier épisode n’est pas forcément le plus dramatique qu’il soit dans le sens où même tout ce qui est dramatique, est drôle. La série ne cherche pas à nous donner l’occasion de nous ennuyer. Il faut que l’on rigole et dès le début de l’épisode, c’est quelque chose qui fonctionne. J’ai adoré le moment de l’avion, de la valise à l’aéroport (et l’on se rend compte qu’il l’a oublié dès qu’il sort du métro), le motel (avec son petit « He’s dead » qui fait là aussi très mouche et la petite suite, là aussi très drôle), et j’en passe. Car Louie est une série drôle au départ avec un angle beaucoup plus dramatique. L’épisode ne passe pas énormément de temps à Cincinnati, peut-être car il n’y a pas grand chose à nous raconter là bas. L’épisode veut avant tout nous faire profiter d’un Louie en voyage qui a énormément de mal à se faire aux cultures locales (il faut dire que New York c’est différent). Il est confronté à la vision qu’on les américains de New York (d’un côté une ville merveilleuse qui fait rêver et de l’autre une ville qui manque d’humour vrai, comme une bonne blague de pet). Il y a des scènes surprises dans le premier épisode, mais aussi dans le second (notamment le coup de la fracture du crâne et de la mort du comédien qui a fait la connerie de tenter de « chier » littéralement dans la chasse d’eau de ses toilettes).

Ces deux épisodes oublient la vie newyorkaise de son héros mais veut nous rappeler constamment que justement le héros a besoin de New York, qu’il est attaché à ce qu’il vit dans cette ville et n’est pas heureux ailleurs. Il y a une idolisation de New York dans cette série que je peux comprendre et qui fait vraiment mouche mine de rien. Il y a tout un tas de détails qui ne trompent pas et ces deux épisodes respirent tellement le vrai (et forcément ce qu’il y a de plus embêtant pour notre héros préféré). Tout ce qui se passe à l’aéroport à la fin de l’épisode 7 est particulièrement surréaliste. Vous imaginez vous avez perdu votre valise, vous tentez donc de la récupérer (sauf qu’elle est partie en destruction et forcément, vous ne pouvez rien faire car vous n’êtes pas certain que c’est la votre). Se fait amener dans l’avion comme un prince c’est là aussi quelque chose qui est drôle et surréaliste car je pense que cela ne pourrait pas m’arriver personnellement si j’allais voir pour retrouver ma valise (déjà cela doit être impossible de ne pas se la faire détruire) mais aussi impossible de ne pas passer par le boarding gate. Mais bon, peu importe cela reste terriblement drôle car justement la série adore le côté absurde des choses.

Le second épisode est tout aussi bon que le premier alors que l’on vole cette fois-ci pour Charlotte et Caroline du Nord. Il va alors se retrouver à loger chez un comédien avec qui il va partager la scène pendant quelques soirs. Le public n’est pas vraiment sensible à l’humour de Louie alors qu’il l’est beaucoup plus pour celui de Kenny (qui aime les blagues graveleuses, de pets ou même se moquer de Louie dans une imitation plus drôle que je n’aurais pu l’imaginer si j’avais voulu l’imaginer). Ce second épisode est un poil plus dramatique car il permet à Louie de se rendre compte du fait qu’il n’est pas fait pour sortir de New York. Il est fait pour New York et puis c’est tout. Durant tout cet épisode, on veut nous démontrer qu’au fond la série aime bien nous surprendre, nous prendre de court, et peut-être que justement c’est ça. Louie a une vie de merde mais une bonne vie de merde. Kenny a côté a une vie de merde, qui est proche d’un Charlie Sheen sans un rond vivant dans le pire appartement de Charlotte (en tout cas, il n’a rien à lui envier). Louie vit bien à New York malgré tout ce qui peut lui arriver et il n’est pas du genre à se biturer et à finir avec le crâne fracassé (et donc à mourir sur le sol de sa salle de bain). C’est peut-être aussi une façon de prendre conscience. Louie a tellement voulu changer au fil des années qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il avait déjà ce qu’il fallait, qu’il devait se contenter de ça car la vie n’a rien d’autre à lui offrir.

C’est peut-être le constat le plus dramatique qu’il soit, qu’avoir de l’ambition pour Louie est impossible car il ne peut pas arriver à en avoir vraiment. Mais j’aime quand cette série nous propose des choses de ce genre là car c’est ce qui fait son véritable succès à mon humble avis.

Note : 10/10. En bref, deux épisodes magnifiques d’un Louie en pleine forme.