Berezina

Publié le 20 juin 2015 par Lorraine De Chezlo
de Sylvain Tesson
Roman - 190 pagesEditions Guerin - janvier 2015

2012. Pourquoi ne pas commémorer à sa façon la catastrophe de la bataille de la Bérézina et la retraite de Russie lors de la campagne de 1812 de Napoléon Bonaparte ? Et pourquoi ne pas le faire, accompagné de 4 acolytes, français et russes, en parcourant à nouveau, en plein hiver, le trajet des troupes, depuis jusqu'à Paris, dans un side-car Oural d'anthologie et coiffé du bicoque héroïque ? Alors c'est décidé, le départ est donné en ce mois de décembre enneigé.

M. Sylvain Tesson ne recule pas devant un tel défi. Féru d'Histoire, il veut profiter aussi de ce parcours à travers l'Est contemporain pour revivre avec précision les débâcles, le froid, les étapes périlleuses, les hécatombes, les pillages. La bérézina.Même si on n'est pas passionné par l'Histoire napoléonienne, même si on peut se lasser d'une certaine fierté personnelle de l'auteur, il n'en reste pas moins que j'ai beaucoup apprécié cette lecture, atteignant son but puisqu'elle m'a appris une réalité historique, et au-delà de cela, plus généralement, m'a fait toucher du doigt les grandes pénibilités de ces guerres passées, des réalités techniques et climatiques, des choix heureux ou malheureux que les soldats faisaient face à la panique et à des stratégies face au froid. Et le cannibalisme, et les pillages, et les troupes décimées, sacrifiées.
Extrait :"Moi qui aime par-dessus tout la contemplation des atlas, je me disais que les stratèges exercent un beau métier. Ils vivent, penchés sur les cartes, à piqueter des épingles et dessiner des flèches, en s'offusquant que le mouvement des troupes ne suit pas les tracés."
Alors qu'ils progressent, avec les péripéties du voyage, les soirées alcoolisées, les discussions égratignantes entre russes et français, leurs répits de camaraderie, on ressent la fatigue, l'usure, et l'éternité d'une telle traversée de l'Europe.Un livre court mais efficace, bien écrit et instructif.
"Sylvain Tesson, rien que pour le panache" - Blog LaGruyère
L'avis de Lionel Bedin - La cause littéraire