Childhood: lieu de tournage et références du short-film

Publié le 05 juillet 2015 par Rachelmj

Le 29 mai 1995 sortent les premiers singles du futur album de Michael Jackson, HIStory à paraître quelques jours plus tard. Scream/Childhood sont présentés sous la forme d’un double single.

Dans Childhood Michael Jackson évoque cette enfance qu’il n’a jamais vécue et souhaite qu’avant de le juger, le public essaie de l’aimer ("Before you judge me, try hard to love me").

Le 25 décembre 2003, Michael accorde une interview à Ed Bradley, pour son émission 60 minutes et en conclusion de cet entretien Michael déclare à propos de ce titre : "si vous voulez vraiment me connaître, j'ai écrit une chanson, et c'est la plus honnête que j'ai jamais écrite. C'est la chanson la plus autobiographique que j'ai jamais écrite. Elle s'appelle "Childhood." [Mes fans] devraient l'écouter. C'est vraiment celle qu'ils devraient écouter”.

Les Paroles

Have you seen my Childhood?
I'm searching for the world that I come from
'Cause I've been looking around
In the lost and found of my heart...
No one understands me
They view it as such strange eccentricities...
'Cause I keep kidding around
Like a child, but pardon me...

People say I'm not okay
'Cause I love such elementary things...
It's been my fate to compensate,
for the Childhood
I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like pirates and adventurous dreams,
Of conquest and kings on the throne...
Before you judge me, try hard to love me,
Look within your heart then ask,
Have you seen my Childhood?

People say I'm strange that way
'Cause I love such elementary things,
It's been my fate to compensate,
for the Childhood I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like fantastical stories to share
The dreams I would dare, watch me fly...

Before you judge me, try hard to love me.
The painful youth I've had

Have you seen my Childhood...

Ecrit par Michael et enregistré en mars 1995 aux studios Hit Factory de New York, avec un orchestre et en une seule prise, le titre fera partie de la bande originale de Free Willy 2 (Sauvez Willy 2), sorti en juillet 1995 aux Etats Unis.

La chanson est dédiée à un petit garçon de deux ans, Craig Fleming, dont Michael a appris la mort alors qu’il était en studio pour l’enregistrement de l’album HIStory. Son frère, Michael, et lui avaient été jetés d’un pont par leur mère. Son frère ayant survécu, Michael a contribué au paiement des frais médicaux et créé une fiducie afin qu’il ne manque de rien au cours de son enfance.

"Childhood is dedicated to Little Craig Fleming, and his surviving brother, Michael, for whom special scholarship fund has been established to ensure that his childhood ushers in a future of all possibilities. Love, MJ”, peut-on lire dans le livret de l'album.

Le short-film

Le short film de la chanson est tourné au Frazier Park, situé à un peu plus d’une heure au nord de Los Angeles, dans la Los Padres National Forest (contrairement à ce qui a souvent été dit, le tournage n’a donc pas eu lieu dans le célèbre Sequoia National Park).

Du 30 mai au 2 juin 1995, les équipes de tournage, sous la direction du réalisateur Nick Brandt, s’installent dans une aire boisée, près de Pines Mountain, devenue désormais le site de El Camino Pines Lutheran Church Camp.

Dans le short film, "Michael joue son rôle et chante, seul assis au milieu d’une forêt, sa solitude. Lorsqu’il regarde vers le ciel, il voit des enfants voyageant à bord de bateaux volants. L’image est simple et saisissante : Michael privé d’enfance, ne peut rejoindre ses camarades et connaître l’insouciance de cette période de la vie" (1)

Le tournage a lieu la nuit, sous l’œil attentif du Service des Forêts qui contrôle que le tournage n’altère pas l’environnement.

Lori Murphy, une photographe locale, également à l’époque co-auteur de la  "Local chamber’s Filming Coalition"  a été la seule autorisée à prendre des photos du tournage. Après la disparition de Michael en 2009, elle a partagé ses souvenirs de cette expérience avec une chaîne locale de Bakersfield. 

Elle se souvient de Michael comme de quelqu’un de très discret : "Il ne sortait que la nuit pour tourner. Le reste du temps il restait dans sa caravane. Mais il semblait apprécier notre forêt et le temps qu’il y passait. Son équipe était incroyable, et la production a été géniale." 

Selon la photographe, l’équipe était impressionnante, digne d’un petit film, et le tournage a eu de nombreux avantages pour la région. "La production a permis de créer des emplois locaux à notre communauté de tournage ainsi qu’à beaucoup d'entreprises ici."

Bonnie Kane, ancienne directrice du site et désormais historienne pour la Ridge Route Communities' Historical Society explique que c’était "une opération très secrète. Ils nous ont demandé s’ils pouvaient tourner sur les lieux. On leur a dit de n’en parler à personne. Les employés ont signé un accord de confidentialité mais la présence du King of Pop a fini par se savoir. Je ne sais pas comment ils l’ont découvert. Quelques personnes sont arrivées sur les lieux et, bien que maintenues à distance, ont finalement été autorisées à regarder le tournage".

Toutes les séquences où Michael est assis sur dans la forêt sont donc tournées dans le Frazier Park.

   

   

Les bateaux volants (dans lesquels ont note la présence de Jason James Richter et Francis Capra, les jeunes acteurs de Free Willy 2) sont filmés ensuite sur fond bleu et intégrés à la vidéo.

   

Dans le numéro ultime du magazine français Black & White, paru en novembre 2009, Nick Brandt revient sur sa longue collaboration avec Michael Jackson et évoque le short film de Childhood :

"La première vidéo que vous avez tournée pour Michael Jackson était Childhood. Comment s'est passée cette première collaboration ?
Formidablement bien, j'ai eu beaucoup de chance, Michael a adoré le résultat final. Nous avons tourné la vidéo dans une forêt au coeur d'un parc naturel, à une heure de route au nord de Los Angeles. Tout le clip a été fait en une semaine. Nous avons passé quatre nuits en extérieur dans la forêt, puis deux jours en studio, pour filmer les bateaux volants sur fond bleu. Mais Michael n'était pas présent pour le tournage de ces plans-là.

Michael a-t-il participé à la réalisation de ce clip ?
Non. Je lui ai proposé le concept, et ça lui a plu. Il aimait l'idée de cette forêt la nuit et de ces enfants qui veulent s'envoler. C'est une métaphore des rêves de l'enfance. Michael était sensible à l'idée de toujours poursuivre ses rêves...Il m'a laissé en charge de la réalisation et du montage. Je lui ai présenté la version finale et il l'a validée."

Références

Dès la diffusion du clip, les fans de Michael Jackson ne manquent pas de faire un parallèle plus qu’évident entre le short film et l’univers de Peter Pan, ce célèbre personnage de James Matthew Barrie que Michael affectionne tant, héros d’un dessin animé de Walt Disney. Les bateaux volants rappellent le début et la fin du long métrage de Disney de 1953 ….

   

…. mais aussi l’attraction Peter Pan’s Flights des parcs Disney. "Dans le film de Jackson, les bateaux ne volent pas au dessus de Londres, mais visent la Lune, à la recherche d’un Neverland que le chanteur a fini par recréer chez lui" (1)

L’enfant qui parvient à rejoindre les bateaux volants (à 3 :36 dans la vidéo) rappelle la scène du film où Wendy et ses frères s’envolent avec Peter Pan vers le Pays Imaginaire.

   

Le short film de Childhood trouve également son inspiration dans l’adaptation en dessin animé par Disney du poème Wynken, Blynken & Nod de l’américain Eugene Field. Appelé aussi Dutch Lullaby, ce poème pour enfant, publié pour la première fois le 9 mars 1989 dans le Daily Chicago News, évoque trois enfants, Wynken, Blynken et Nod, s’en allant naviguer et pêcher les étoiles dans un bateau en forme de sabot en bois.

En 1938, le poème est adapté sous forme d’un court métrage de huit minutes produit par les studios Disney, dans la série des Silly Symphony.

Le dessin animé Wynken, Blynken & Nod (en français, Au pays des étoiles) met en scène trois bébés qui s'envolent, à travers la nuit étoilée, dans leur sabot-voilier.

   

Amarré à un nuage, ils essayent d'attraper une étoile-poisson mais s'accrochent eux-mêmes avec les hameçons de leur canne à pêche. Une comète percute le bateau-sabot et l’entraîne vers un énorme nuage endormi qui en se réveillant le pousse d'une douce brise vers un autre nuage. Petite à petit, la brise devient une tempête qui renvoie les bébés sur terre, le voilier devenant un berceau. On s’aperçoit alors que les trois bébés représentent la rêverie d’un seul bébé endormi dans son berceau.

   

On retrouve d’ailleurs dans Childhood l’image de l’enfant pêcheur, qui, dans le clip, ne possède pas une canne à pêche mais une corde.

   

Les dessins animés de Peter Pan et de Wynken, Blynken & Nod se terminent quasiment à l’identique….il s’agissait d’un rêve (enfin peut-on le penser pour Peter Pan). Michael Jackson, lui, cherchera son enfance perdue éternellement : "Là où Barrie, Field et Disney achèvent leurs oeuvres et leur vision sur une note douce ou pleine d’espoir, le clip de Michael Jackson se termine sur une spirale de tristesse, incarnée par cet avion en papier qui descend vers le chanteur, seul assis dans la forêt des enfants perdus." (1)

Une solitude exprimée par la caméra (montée sur une grue au milieu de la forêt) qui s’éloigne progressivement de Michael qui baisse tristement la tête, pendant que les bateaux s’éloignent dans la nuit, alors qu’il avait régulièrement levé les yeux vers le ciel, en signe d’espoir, durant le short film.

Réalisée d’après un concept de Michael, la vidéo, tout comme la chanson, se voulait un reflet mélancolique et poétique de la vie de la star : "Notre histoire personnelle commence dans l’enfance et la chanson Childhood est un reflet de ma vie …. Elle parle de la douleur, parfois des joies, des rêves et des aventures mentales que j’ai vécus à cause de cette vie différente que j’ai eue, en tant qu’enfant star. Je suis né sur scène et Childhood est mon miroir …. c’est mon histoire". (2)

Sources : Livres : (1) King – Richard Lecocq/The Maestro – Chris Cadman. Sites: Wikipedia/mountainenterprise.com