Grèce: Angela Merkel, l’arbre qui cache la forêt des « petits » européens.

Publié le 08 juillet 2015 par Pierre Thivolet @pierrethivolet

  

Tsipras - Merkel : Poker menteur ou dialogue de sourds ?

Beaucoup d’entre nous sont aveuglés par une haine à l’égard de l’Allemagne dont ils n’ont même pas conscience, qui mériterait sans doute qu’ils aillent s’allonger quelques années sur le divan d’un psy, qui révèle leurs/nos complexes et surtout une dangereuse ignorance de ce qu’est l’Allemagne, de ce qu’est la société allemande, de ce que sont les allemands d’aujourd’hui. C’est flagrant ces dernières semaines dans la perception du rôle de l’Allemagne dans la crise grecque, et plus généralement, dans l’Europe d’aujourd’hui. Cela va du slogan «  Le diktat de Merkel » d’un Florian Philippot à « Merkel- Bismarck » de Mélenchon. Ces réactions ne sont que la reprise de vieilles rengaines, qui remontent à l’après Première guerre puis seconde guerre mondiale : « L’Allemagne paiera », remis au goût du jour par le gouvernement grec et la « gauche » ( ?) française. Selon eux, les responsables de la faillite grecque, ce sont les allemands, leur égoïsme, leur obsession « monétaire », des allemands qui n’auraient que le mot « austérité » à la bouche pour faire plaisir aux banques allemandes. Doit-on rappeler que la croissance de l’économie allemande, le niveau de ses exportations, la hausse de sa consommation intérieure, sont tout sauf de l’austérité ? Doit-on également rappeler que s’ils en sont là, c’est parce que les allemands notamment après la réunification, se sont serrés la ceinture, et pour beaucoup de salariés allemands, beaucoup de seniors, continuent à le faire? Doit-on également rappeler que s’il y a bien un pays qui était attaché à sa monnaie parce qu’elle était le symbole de sa réussite économique, c’était l’Allemagne et que les allemands n’ont pas sacrifié le Deutschmark de gaieté de cœur ? Doit-on rappeler qu’avant l’euro, de toute façon, le Franc était de plus en plus dépendant du Deutschmark, et que la Bundesbank devait régulièrement venir au secours de notre monnaie?Il faut respecter le peuple grec entend-on souvent. C’est juste. Mais il faudrait aussi respecter non seulement le peuple allemand, mais également les slovaques, les slovènes, les polonais, les irlandais, les lettons, les autrichiens, les hollandais, les belges, les portugais, les italiens etc… qui sont vent debout contre Alexis Tsipras. 19 membres de l’Eurozone : En dehors de Chypre, combien sont favorables aux positions du gouvernement grec ? La démocratie n’est-ce pas aussi de respecter l’opinion de la majorité ? En caricaturant, seule l’Allemagne par son poids pourra peut-être leur faire accepter un énième compromis avec Athènes. Il y a un mot allemand que Tsipras, Mélenchon, Philippot and co devraient apprendre parce qu’il est le symbole d’une dérive, d’une tentation à laquelle les allemands ont refusé jusqu’à présent de céder : « Alleingang » : Faire cavalier seul, succomber au repli sur soi… Prenons garde qu’en fait d’un Grexit, nous ne succombions à un Alleingang des allemands.Nous vivons une e-poque formidable.