Ce sont les premières preuves chez les primates d’une association entre la récompense retardée ou gratification différée et la connectivité de la substance blanche du cerveau, entre ces zones spécifiques que sont le noyau caudé et le cortex dorsal préfrontal dans l’hémisphère droit. Le Dr Robert Latzman, professeur au Département de psychologie et le Dr William Hopkins, professeur de neurosciences à la Georgia State, auteurs de l’étude, rappellent que l’incapacité à différer sa récompense est au cœur d’un certain nombre de maladies mentales, notamment le TDAH (déficit de l’attention avec hyperactivité) ou certains troubles du comportement alimentaire. Pouvoir retarder la récompense et contrôler ses impulsions émotionnelles et comportementales, est la clé de la maîtrise de soi et de la poursuite d’objectif de long terme. Cette capacité » est d’une importance critique « , soulignent les auteurs.
Le test » de la guimauve » (ou du marshmallow): La tâche utilisée ici pour évaluer la capacité de gratification différée chez les chimpanzés est inspirée de celle d’une série d’expériences célèbres menées par le psychologue Walter Mischel de l’Université de Stanford, dans les années 1960 et 70. Des enfants d’âge préscolaire étaient placés seuls dans une pièce meublée avec un petit bureau et sur le bureau étaient disposées 2 guimauves et une cloche. Le chercheur expliquait à l’enfant qu’il était dans l’obligation de quitter la pièce puis, à son retour, autorisait l’enfant à manger les 2 guimauves. Si l’enfant souhaitait manger une guimauve avant le retour du chercheur, il pouvait sonner la cloche et en manger une, mais pas deux. L’expérience montre que certains enfants mangent la guimauve tout de suite après le départ du chercheur et que d’autres tentent de se distraire en attendant. Dans les études suivantes, le psychologue constate que cette capacité à attendre la gratification à 4 ans peut prédire un certain nombre de comportements et de fonctions cognitives à l’adolescence et à l’âge adulte, dont la planification, le raisonnement, le contrôle des émotions négatives, mais aussi les résultats scolaires, la capacité d’adaptation et de communication sociale, un moindre risque d’usage de substances et une meilleure estime de soi.
Des données expérimentales, mais à implications précieuses pour la détection et la prise en charge de nombreuses maladies mentales.
Source: Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 3 June 2015 DOI: 10.1098/rspb.2015.0764 Delay of gratification is associated with white matter connectivity in the dorsal prefrontal cortex: a diffusion tensor imaging study in chimpanzees et via Eurekalert (AAAS)Study links delay of gratification to how brain structures are connected (Visuel@The Royal Society)