Parfois composés de quelques pierres et distants les uns des autres, ce sont alors des cairns qui balisent le chemin.
Dans ce cas il est fortement déconseillé de les modifier ou d'en ajouter, pour ne pas induire les futurs promeneurs en erreur. Rien ne vaut d'ailleurs le balisage classique des chemins de grande randonnée.
Ils peuvent aussi marquer un sommet ou célébrer un évènement particulier. Ce sont sans doute ces deux raisons qui expliquent leur abondance en Bretagne, au Cap de la Chèvre, juste en dessous du sémaphore. Le Mémorial de l'Aéronautique Navale, édifié dans un encuvement de la batterie côtière y est dédié aux marins morts en service aérien commandé.
On ne résiste pas longtemps à l'envie de choisir une pierre et de la poser sur un édifice déjà constitué, ou de faire le sien propre. Il me semble qu'il est alors d'usage de faire un voeu.
Plus surprenant sont les cairns qui surgissent dans des rivières ou des torrents, souvent pour en surveiller le niveau car il est facile de repérer une montée, même infime en regardant les pierres.
Cette rivière se jette dans le lac Chambon à 875 mètres d'altitude et arrose ensuite Murol, passe au sud de Saint-Nectaire, et chute d'une hauteur de sept mètres à la cascade de Saillant.
Elle est glacée et bondissante, logique quand on sait que couze est un mot auvergnat pouvant être traduit par torrent.
J'ai appris depuis que c'est un artisan de Murol, qui travaille habituellement le cuir, vient quotidiennement depuis plusieurs semaines pour modeler le cours de la Couze Chambon, en bravant le courant et les coups de vent. Cet homme fait preuve d'une créativité formidable. On peut espérer qu'il fera des émules et que des espaces précis seront dédiées à cet art enchanteur.
J'imagine que vous ne verrez plus jamais un tas de cailloux de la même façon ... Le choix d'y ajouter une pierre est personnel. Cela pourra être votre manière de dire "je suis passé par là", ou "j’ai réussi à atteindre ce sommet" ou encore plus simplement de vous accorder un moment de rêve.