Après un mois ce qu'il me reste du festival d'Avignon...

Publié le 18 août 2015 par Nathpass
Après un mois de repos, après le festival d Avignon, je me dis que les  spectacles de théâtre que je retiens dans ma main, ce sont deux du In et trois du Off,Le Lupa : des arbres à abattre à cause de ce regard porté après toutes ces années d'amitié sur les amis et les artistes, les suicidés, les sans concession soit disant, les ratés, les sommets de chacun, les accès par, les excès de langage, les rieurs et le délirant comédien qui sort de scène, qui a  fait attendre des heures, tout le monde pour dîner, qui monopolise la parole égoïste tout le temps et qui devient le plus philosophe d'entre eux, une philosophie du tout, qui ne supporte pas qu'on abatte les arbres pour rien... Tout cela si bien  mis en scène dans un décor qui tourne comme dans une lanterne magique et qui abstrait tout le temps... 5h d'éclairs.... Ils jouent tous la même partition.Les Idiots des russes, éminemment politique nous sommes tous des idiots pour aimer et personne d'adulte ne le supporte l'amour des idiots, surtout pas les familles extérieures censées les protéger, les oncles les tantes... Y a rien de plus subversif un peu comme dans Roméo et Juliette. Pas un seul moment on a l'impression  qu'ils jouent. Le bonheur des saluts avec les "idiots" véritables... 

La quinzaine de comédiens qui occupent la scène passent d’un rôle à l’autre dans un tourbillon de virtuosité provocante.


A la condition des soies Yann Collette avec le texte de Peter Handke à la recherche d'un souterrain obscur éloigné de tous les autres, l'émerveillement seul accordé pour une femme presque nue au sol en pierres. 
À l'actuel Théâtre :  Les Chatouilles  (piano.panier j'aime bien cette blogueuse) Mais revenons à Andréa Bescond, "besogneuse" quelqu'un de très bien, pour le mêlé des personnages, en un seul en scène, de l'intime de la vraie vie au théâtre et avec la danse et pour la mise en scène si déliée, cette jeune femme incroyable luciole comédienne et danseuse  : la joie qui éponge le chagrin. 
Au petit chien le journal d'une femme de chambre, (une des 25 plus belles affiches du off), vous allez me dire bien-sur ce sont mes amis à la base, oui mais justement c'est difficile de retrouver comme du neuf, du jamais vu jusque là, de ces créateurs de théâtre, dans une adaptation d'un roman très connu situé "avant guerre"...  de 14 et réadapté dans les années 1970... Comment ces loupes superposées, nous mirent-elles avec désespoir ? dans notre actualité au travers d'un homme et d'une femme qui jouent toutes les facettes de l'exploitation inhumaine par la fonction,  le pouvoir accordé à l'argent, à la performance sur l'autre passant par la détestation, le sexe et si rarement en fin de compte par un peu de sentiment et malgré tout, la grâce, l'art, la littérature l'élégance les pointillent... J'ai pensé à Céline -à cause de l'antisémitisme ? -pas seulement de la description incarnée des petits commerçants, cafetiers à Cherbourg.Une critique comment dit-on tempérée et bâclée pour moi, par ex sur l'interprétation de Philippe Person, il y a une telle différenciation des personnages qu'il mélange, que ce spectateur se laisse piéger et dit simplement que celui qui est le mieux joué est celui qu'il préfère.... Quand à Florence Le Corre elle a été citée dans une critique comme ayant là le plus beau rôle de sa vie .
Et un spectacle que j'aime de moins en moins que je n'aimerai jamais, pour des raisons conscientes et inconscientes, faut pas toujours chercher à comprendre,  la liste de mes envies, pour moi j'ai été spectatrice rendue à l'état de voyeuse, une performance d'acteurs sur un texte fabriqué... comme si j'avais été devant un collectionneur épinglant morts les plus beaux papillons. C'est tout sauf généreux, dérangeant, ça nous touche comme de loin, heureusement que je ne suis pas comme ça...