Fabrice Renault 10 août 2015
La pression des lobbies a réussi à faire capoter une législation destinée à protéger la santé des citoyens européens des perturbateurs endocriniens très nocifs pour la santé. Ces substances sont impliquées, entre autres, dans l’augmentation de l’infertilité et les cancers d’origine hormonale, et coûtent entre 150 et 260 milliards d’euros par an en dépenses de santé. Deux rapports d’ONG lèvent le voile sur les dysfonctionnements des autorités sanitaires européennes. Chronologie d’une marche arrière désastreuse…
Les perturbateurs endocriniens se retrouvent dans les contenants alimentaires, les meubles, les pesticides, les produits cosmétiques, etc. Ces substances modifient le fonctionnement du système hormonal. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), celle des Nations Unies (ONU) ainsi que des dizaines de laboratoires indépendants, tout le monde pense la même chose : les perturbateurs endocriniens (PE) sont nocifs, dangereux même à des doses infinitésimales.Les perturbateurs endocriniens dans notre quotidien :
Des » experts » européens confrontés au rapport sans complaisance de l’OMS
Chers collègues, la vie est compliquée […] Quand le rapport de l’OMS / PNUE [critique] certaines caractéristiques des perturbateurs endocriniens, notre rapport, au contraire, les minimise ou évite de les mentionner. […] Quand le rapport de l’OMS / PNUE parvient à la conclusion que la méthode traditionnelle d’évaluation des risques [des PE] n’est pas pertinente, nous arrivons à la conclusion diamétralement opposée.Il ajoute avec un manque de courage et une certaine lucidité :
Je suis heureux de ne pas devoir être présent à la conférence de presse [pour défendre notre rapport], sachant que l’auditoire aura lu le rapport de l’OMS. Une situation mortelle !La solution qu’il propose :
Refaire notre rapport, ou, au moins, le modifier de manière significative.
L’EFSA isolée du reste du monde
Nous devons réécrire nos conclusions, [notamment celles] où nous expliquons que les PE doivent être considérés comme tout autre produit chimique, [sinon], nous allons nous retrouver isolés du reste du monde, et il serait difficile de nous défendre, en sachant toutes les incertitudes [et] le manque de données que nous avons identifiés.Traduction : on a écrit n’importe quoi, mais c’est pas grave, on n’a qu’à essayer de faire un peu moins voyant. La santé de 508 millions d’Européens est suspendue au élucubrations de quelques pseudo-scientifiques pour qui l’étique se résume à la reformulation d’un rapport fallacieux.
508 millions de victimes potentielles
Confortée par ce rapport tout en nuances, l’industrie chimique repart à l’abordage, en convainquant la Commission Européenne de réaliser une étude d’impact économique relative à d’éventuelles interdictions… et gagne ainsi plusieurs mois. Sans compter les menaces proférées par les lobbies agro-chimiques, pour qui le bannissement de certains pesticides ruinerait la production agricole européenne. La famine nous guette !Et celles du lobby américain des pesticides, quile projet actuel est fondé sur une ignorance complète des principes de pharmacologie et de toxicologie.Le problème qui saute aux yeux de tous, mais qui ne semble déranger personne à l’autorité sanitaire européenne : la plupart de ces experts sont en contrats réguliers avec des entreprises du secteur !La victoire des lobbies est totale ! La Commission a stoppé net le processus, préférant commander de nouveaux rapports, pour être sûr… Conséquence : aucune liste ne verra le jour avant 2017, au plus tôt ! A ce moment-là, le TAFTA aura pris le relais et l’interdiction des PE sera encore plus compliquée, voire impossible à mettre en place. Sur 508 millions de citoyens européens, combien de morts à venir, combien de nouveaux malades déclarés d’ici là ?Sources :
- Perturbateurs endocriniens : A quoi tient la santé de 500 millions d’Européens … ? , paru sur lesmotsontunsens.com
- Les perturbateurs endocriniens coûtent entre 150 et 206 milliards d’euros par an , paru sur aboneobio.com
- Votre salle de bain, un nid à perturbateurs endocriniens , paru sur allodocteurs.fr
- Une mine d’informations sur les perturbateurs endocriniens, sur reseau-environnement-sante.fr