Critique Ciné : Detective Dee 2 : la légende du Dragon des Mers (2014)

Publié le 08 septembre 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

Detective Dee 2 : la légende du Dragon des Mers // De Tsui Hark. Avec Mark Chao et Feng Shaofeng.


Déjà à l'origine du premier volet de la saga, "Le mystère de la flamme fantôme", Tsui Hark remet le couvert avec avec un second volet. Je n'avais pas encore eu la chance de me pencher sur ce second film que j'avais hâte de découvrir l'été dernier avant de ne pouvoir me rendre dans les salles de cinéma à cause de mon départ en vacances. Bien évidemment, j'ai rattrapé depuis mon retour et notamment avec ce film que j'avis mis de côté. L'enjeu ici est de taille et c'est avant tout un enjeu visuel. Il faut utiliser le relief du film de façon diffuse, sans jamais nous donner l'impression qu'il y a un temps mort de ce point de vue là. La mise en scène ne doit pas être brisée et Tsui Hark l'a très bien compris. De plus, le film est sans répit. Il se passe toujours autant de choses à chaque minute qui passe et les deux heures de film passent donc comme une lettre à La Poste. On se retrouve alors face à de multiples scènes inspirées et pas seulement d'un point de vue de la mise en scène, aussi d'un scénario et du jeu des acteurs qui soutient une histoire qui n'était pas nécessairement simple à avaler au départ. Après tout, un dragon des mers, on se souvient du film ridicule avec Bruce Greenwood sorti il y a quelques années de ça.

L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers.

Ce second volet est pour autant assez original dans le sens où il raconte les débuts du juge Dee. Ce n'est donc pas une suite à propre parler mais peu importe, Detective Dee 2 tente de raconter une histoire passionnante en ayant l'allure d'un blockbuster sans en être véritablement un. Disons qu'il est très difficile de classer cette oeuvre qui n'a rien à voir avec ce que j'avais imaginé. Dès qu'une suite est prévue d'un film, j'ai toujours peur qu'elle ne sait pas à la hauteur ou bien qu'elle tombe dans les clichés les plus manichéens. Mais non, Detective Dee 2 n'est jamais maniéré ou trop inspiré du premier. C'est donc avant tout une histoire de continuité que la série veut nous offrir et cela fonctionne à merveille. Le film tombe par ailleurs dans la surenchère, parfois même gratuite de scènes dantesques. C'est assez étonnant de voir des films de ce genre là car il y a une vraie maîtrise de tout l'univers de celle-ci qui ne laisse donc pas de place à une sorte d'improvisation. Non, le but de Detective Dee 2 est justement d'être tout le contraire. Au delà des prouesses de mise en scène et d'écriture, c'est aussi un film qui prouve que le cinéma asiatique a largement les moyens visuels de rivaliser avec les américains.

La scène finale est l'exemple type de ces grandes scènes, en feu d'artifice, qui me séduisent pleinement. Je n'ai pas eu la chance de voir Detective Dee 2 en 3D (je n'ai pas encore de téléviseur adapté…) mais il paraît qu'elle est assez réussie. C'est rare de tomber sur des films qui réussissent leur 3D. Mais bon, je ne peux malheureusement pas vous en parler. Finalement, est pile poil le genre de films avec lesquelles on se laisse facilement emportés. Rien de mauvais là dedans, que de bonnes idées. On voit les chorégraphies prendre forme au vent, la caméra prendre des chemins très différents et originaux. En somme, Detective Dee 2 est loin d'être ce que j'avais peur de retrouver. J'ai eu tout le contraire, un assez joli film qui n'est pas sans faire écho à de jolis contes. Le spectacle est tellement grandiose et original, que l'on se retrouve à l'issue du film à se demander si un troisième volet des aventures de Detective Dee 2 n'est pas prévu. Ce ne serait pas bête et/ou étonnant. C'est tellement soigné, preuve que le cinéma asiatique agit toujours avec une certaine forme de minutie.

Note : 8/10. En bref, plein les yeux.

Date de sortie : 6 août 2014