1% : le lien de Marion Galut

Publié le 13 septembre 2015 par Aicasc @aica_sc

Marion Galut Le lien
Photo Jean Popincourt

Les Journées Européennes du patrimoine ont inscrit la valorisation des 1% artistiques dans leur programme depuis deux ans, plus particulièrement ceux implantés dans les établissements scolaires. C’est cependant l’opportunité de présenter le dernier 1% réalisé dans la région : celui de Marion Galut, « Le lien » dont l’installation à la préfecture de Martinique est en cours d’achèvement.

Qu’est ce que le 1% ?

La loi (décret du 29 avril 2002) stipule qu’1% du budget de construction des bâtiments publics doit être consacré à la commande d’une œuvre d’art.
Entre 1961 et aujourd’hui une trentaine d’œuvres ont été édifiées dans les bâtiments publics de Martinique. Le plus récent, encore en cours d’achèvement, c’est Le lien de Maron Galut à la Préfecture.

Le 1% de la Préfecture :
Ce projet artistique se décline en une projection lumineuse dynamique sur la façade, un ensemble de bancs en marbre blanc et une mise en scène poétique de textes extraits, inspirés et traduits des livres d’auteurs martiniquais suivants: Edouard Glissant, La Lézarde, Aimé Césaire, Moi, laminaire, Raphaël Tardon, Bleus des îles récits martiniquais, Saint John Perse, Oiseaux et Amers , Raphaël Confiant, Dictionnaire des néologismes créoles.

« Le lien » et la Martinique :
Le projet souligne l’identité martiniquaise à travers la couleur poétique des mots et la beauté de la nature à travers un choix de forme inspirée de la flore martiniquaise. Ces mots et ces dessins stylisés de laminaire, de mangrove, de liane, de vague sont les symboles de la force, de la beauté de l’île, de l’expression du mouvement permanent, flux et reflux, mouvement de la mer, mouvement des populations, rencontres et échanges entre les cultures.

Les bancs :
Quatre bancs encadrent les portes vitrées donnant accès au hall d’accueil. Ils invitent le public à faire une pause, à l’ombre du bâtiment. Ces bancs courbes rendent cet espace accueillant et convivial. Ces objets s’inscrivent dans le paysage architectural en soulignant la blancheur et l’aspect marbré de la pierre reconstituée de la façade du bâtiment. Disposée au sol, cette ligne visuelle se poursuit sur les portes d’entrée par le dessin courbe des mots inscrits sur les façades vitrées.

Marion Galut
Le lien
Croquis préparatoire

Marion Galut Le lien
Photo Jean Popincourt

Textes gravés à l’acide sur les façades vitrées :
Ce texte recto/verso gravé à l’acide à la surface du verre tisse un réseau de mots lisibles depuis l’intérieur ou l’extérieur du hall d’accueil. Ceux-ci dessinent des lignes courbes, scandées de points de suspension, comme autant de textes à compléter. En position d’attente dans le hall d’accueil, le public peut imaginer la suite de ces débuts de phrases. Cet enchevêtrement de mots et de lignes fait écho au flux important de personnes entrant et sortant de la Préfecture. Traduits dans différentes langues, ces mots mettent en valeur la diversité des nationalités qui s’y croisent. Ils font le lien « du particulier à l’universel ». Les mots reflètent des fragments de rencontres. Parfois composés de termes propres aux Antilles, ces mots ont une résonance poétique proche de la notion de lien, de réseau, à travers la description de la nature martiniquaise. Ce texte reprend ce « lien » indivisible entre les êtres à travers la sinusoïde de la vague qui relie l’île aux autres continents.

Marion Galut Le lien
Photo Jean Popincourt

La mise en lumière :
Cette projection composée de lignes reprend la notion de réseau, de flux, de « lien » qui caractérise symboliquement le rôle de la Préfecture de Fort de France. Ces dessins stylisés de laminaire, de mangrove, de liane, de vague sont les symboles des rencontres humaines, des échanges entre les cultures, de la beauté de l’île, de l’expression du mouvement de la mer, du mouvement des populations. Ces ondes de lumière sont réalisées avec des filtres de couleur. La projection lumineuse orchestre une variation progressive de couleur où alternent les verts, bleus, rouges, orangés, qui donnent à ces lignes quasi abstraites, l’apparence de la mer, des coraux, des algues ou des herbes ondulant dans l’eau ou le vent.
Les effets techniques du projecteur, le « zoom » et le « focus », rendent la lumière dynamique. La projection peut être focalisée sur la partie haute de la façade ou élargie sur une plus grande surface sans perturber la visibilité de l’enseigne de la Préfecture. Les mouvements d’agrandissement ou de diminution de l’image s’accompagnent d’une variation d’intensité, de netteté et donnent une allure de respiration à l’ensemble. Ce tableau vivant, visible depuis la rue, se déroule dans un mouvement qui contribue à l’allure contemporaine du bâtiment.

Marion Galut
Le lien
Photo Jean Popincourt

Une installation échelonnée
Le comité artistique tel qu’il est défini dans le décret du 29 avril 2002 a été réuni par le maître d’ouvrage le 15 octobre 2008.La procédure a abouti à la sélection de l’artiste en avril 2010.
La gravure des textes à l’acide sur les parois vitrées a été réalisée par l’artiste elle – même en août 2013.
Les bancs doivent être bientôt intégrés sur le site.

Pour en savoir davantage sur le 1% en Martinique

http://aica-sc.net/2014/09/14/le-1-artistique-en-martinique/