Maverick

Publié le 16 septembre 2015 par Allo C'Est Fini

Maverick est peut-être le livre qui m’aura le plus marqué en 2015, et j’en ai lu quelques uns, croyez-moi! Je suis tombé dessus un peu par hasard, il était cité en référence dans le livre Culture Schock de Will McInnes, que je n’ai pas encore terminé.

L’auteur de Maverick, Ricardo Semler, est un chef d’entreprise brésilien atypique (d’origine juive autrichienne comme il l’explique lui-même). Après avoir succédé à son père à la tête de l’entreprise que ce dernier avait créé, l’équipementier Semco, il décide, face à l’inefficacité de l’organisation très pyramidale existante, et pour faire face aux défis de l’économie brésilienne des années 80, de tout chambouler en termes d’organisation. Le livre est le récit fidèle de ce chamboulement peu ordinaire, qui plaira sans doute à Christophe Faurie.


De la flexibilité des horaires à une hiérarchie à trois niveaux, de la quasi auto-gestion des business units à la suppression progressive du middle management, l’étendue des initiatives menées par Semler et son équipe. Faire la recension exhaustive de ces changements mis en place n’est pas l’objet de cet article: mieux vaut vous reporter à ce livre pour en saisir non seulement l’étendue, mais aussi la mise en chantier.


Mais ce qui est intéressant chez Semler, c’est à la fois la démarche et le message qui est délivré. En résumé, ce qui motive Semler ce n’est ni l’argent, ni la rentabilité, ni la gloire, mais paradoxalement faire en sorte que les gens qui travaillent autour de lui le fassent avec passion. Pour cela, il n’y a qu’un moyen, martèle-t-il: les responsabiliser. Et si cela peut vous paraître insensé à l’échelle d’une entreprise de services, imaginez un peu ce que cela représente à l’échelle d’une entreprise manufacturière du Brésil des années 80, avec une inflation galopante et une instabilité économique récurrente.

Le message de Semler, c’est que nos organisations, en grandissant, deviennent inefficaces parce qu’on en vient à oublier le pourquoi de l’entreprise, la dimension humaine, au profit d’une mécanique qui perd peu à peu son sens. Questionner le sens, et le rapport au sens de l’entreprise, c’est la démarche que j’ai rencontrée au travers de quelques lectures cette année (notamment chez Christophe Lachnitt). C’est sans doute le message le plus important de ce début de siècle. Les entreprises qui survivront seront sans doute celles qui sauront répondre à ce questionnement.

Pour parachever cet article, je vous propose ci-après une (longue) interview de Ricardo Semler, qui revient sur les grandes étapes de sa vie. A écouter, jusqu’au bout.

PS: le livre a également été traduit chez Dunod, sous le titre « A contre courant« , bien moins agressif que « Maverick ». Je vous recommande la lecture de l’original, écrit dans un anglais très agréable.

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