Critique Ciné : Jamais entre Amis (2015)

Publié le 16 septembre 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

Jamais entre Amis // de Leslye Headland. Avec Jason Sudeikis, Alison Brie et Adam Scott.


Avec un tel trio de tête, je pensais que Jamais entre Amis pourrait être une comédie de laquelle j’allais tout de suite tomber amoureux. Sauf que je ne sais pas du tout ce qui s’est passé mais en plus de ne pas tomber du tout sous le charme de cette romance, j’ai trouvé ce film relativement long et chiant. Oui, soyons clair, je me suis ennuyé au milieu de quelques bonnes répliques et d’un casting qui reste au rendez-vous. Rien que de voir Alison Brie s’amuser et danser lors d’une fête d’anniversaire c’était assez fun. Ou encore de voir Jason Sudeikis casse la figure à Adam Scott dans une scène aussi grand-guignolesque que particulièrement fun. Sauf que voilà, Jamais entre Amis s’arrête à quelques bricoles de ce genre là et laisse place à de la romance particulièrement lourde le reste du temps. Il faut bien reconnaître que le point de départ de Jamais entre Amis est d’être une comédie et cela se voit tout de suite sauf que voilà, ce n’est jamais vraiment une comédie non plus. Ce film doux-amer veut rappeler qu’au fond il y a une morale cul-cul la praline derrière et ce n’est pas présenté de façon très intelligente. Je dirais même que c’est fait de façon assez longue et ennuyeuse.

Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l'université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu'ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s'engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s'entraider dans leur quête du véritable amour.

Jamais entre Amis est construit de façon à opposer deux personnages, Jake et Lainey. Si ces deux là sont clairement fait pour être ensemble, le destin va les séparer encore et encore afin de s’amuser à voir ce qu’ils peuvent devenir sans l’un ou l’autre. Ce n’est pas bête non plus mais la façon d’utiliser les rapports entre les hommes et les femmes n’est pas fait de la façon la plus judicieuse qu’il soit. Leslye Headland, à qui l’on doit déjà le très médiocre Bachelorette (2012) revient donc ici avec un second film beaucoup plus complet mais cela n’en fait pas pour autant un bon film. Car la déception reste grande. J’ai eu la mauvaise impression que l’on se moquait de nous, que le film ne savait pas trop dans quelle direction aller, oscillant entre intrigues à droite et intrigues à gauche. On voit là dedans une volonté de revenir à de la comédie romantique un peu plus désuète (un peu de Quand Harry rencontre Sally par exemple) mais avec un angle aussi un peu plus moderne, qui se permet de parler ouvertement de sexe. Il y a une scène de la bande annonce où les deux parlent de leurs positions favorites qui est fun (mais c’est une scène que vous pouvez voir dans la bande annonce sans vous farcir tout ce film, et franchement il ne veut pas vraiment le coup d’oeil).

Je trouve dommage que Jamais entre Amis ne ressemble pas à grand chose mais le manque cruel de personnalité du script n’aide vraiment pas. Dans la paresse de l’histoire et sa structure, Jamais entre Amis m’a donc laissé une impression de déjà vu, de fin qui n’en est pas vraiment une non plus. Tout est mal fichu et la fin est peut-être même ce qu’il y a de pire dans le sens où l’on a l’impression que l’histoire entre Jake et Lainey ne peut pas rester amicale et doit devenir à tout prix un couple. Ce qui aurait pu être une sorte de pamphlet libertin, de film sur la complication d’une relation amicale où il y a eu un dérapage à un moment donné, etc. Finalement on nous donne l’impression que Jamais entre Amis est une comédie qui n’est pas du tout à la hauteur de ses ambitions. Finalement, je partais plein de bonne volonté. Je pensais que j’allais vraiment tomber amoureux de ce film. Peut-être que j’en attendais un peu trop et que la déception a justement été grande à cause de ça. Peut-être que la morale très américaine qu’il y a à la fin est l’une des autres grosses déceptions m’ayant perdu. Sans compter sur une narration qui traine bien souvent en longueur, passant d’une relation à une rupture sans véritable sens de la fluidité.

Note : 4/10. En bref, déçu.