Des faussaires d'un nouveau genre.

Publié le 21 octobre 2015 par Adoptez Une Ordure! @Adoptez1Ordure

Les œuvres des grands maîtres de la peinture ont toujours fasciné amateurs d’art et collectionneurs. Ces oeuvres intéressent aussi les faussaires qui préfèrent exercer leurs dons pour la peinture à recopier plutôt qu'a développer une expression artistique personnelle.

Les faussaires dont nous allons parler aujourd'hui, cherchent moins la fidélité au modèle reproduit que son esprit. Encore que!

Exit pinceau, gouache ou aquarelle.

D'ailleurs, peut-on vraiment parler de plagiaires dans la mesure où ces artistes atypiques ne recherchent pas à reproduire fidèlement le coup de pinceau du maître: la palette,les pinceaux, la gouache ne sont pas leurs outils de travail.

Boutons, poignées de portes, sacs en plastique, morceaux de brique et de broque.... surprenant, mais c'est çà leur mode d'expression: revisiter les tableaux de maîtres en détournant des déchets issus de nos modes de consommation pour mieux sensibiliser, voire dénoncer les maux et dilemmes de nos sociétés. De l'upcycling artistique!

Pour apprécier leurs œuvres, il est plus important que jamais de prendre du recul– au sens propre. Mais pour reconnaître ce qu'ils ont utilisé pour les réaliser, là il faut se rapprocher de la toile!

Des exemples?

Dans le Maryland aux Etats Unis, David Golberg, propriétaire d’une quincaillerie connue à Bethesda depuis 1914, entassait un stock de poignées de portes en laiton invendues et invendables dont il ne savait que faire. Il pensait les revendre à la ferraille mais s’est ravisé et à préféré s'amuser à reproduire des œuvres de Van Gogh.

L’américaine Molly B Right, quant à elle a une prédilection pour les capsules métalliques de bouteilles Elle a reproduit de nombreux tableaux en upcyclant ce type de déchet, comme 'La Jeune Fille à la perle' de Vermeer.

Le même tableau revisité par Jane Perkins qui affectionne les boutons quant à elle.

En France, Bernard Pras s’est lui aussi essayé à cet exercice en reproduisant plusieurs tableaux de maître avec des matières plus insolites les unes que les autres. Son art s’inspire de l’anamorphose -l’art de la perspective— Son mode d’expression: la juxtaposition et de la superposition d’objets détritus hétéroclites minutieusement choisis pour leurs formes et couleurs.

Pour les détails, par ici "Le pont japonais" de l'impressionniste Monet

Chris Jordan, quant à lui, a une obsession comptable quasi maladive de notre consommation. Ses reproductions chiffrent les quantités de matière détournée pour mieux mettre en perspective les quantités absorbées par nos modes de consommation. Sur cette création de Chris reproduisant le tableau du peintre néo-impressionniste George Seurat, il n’y a pas moins de 106 milles canettes aluminium, la quantité que les américains ouvrent toutes les 30 secondes.

Pour la reproduction de la Vénus de Milo, Chris a mis en scène 240 milles sacs en plastique qui symbolisent la consommation mondiale de ces sacs toutes les 10 secondes.

Bluffant, non! Qu'en pensez-vous?