(anthologie permanente) Gérard Engelbach (1930-)

Par Florence Trocmé

LA RENCONTRE 
 
Crypte fauve du cinéma, 
Les manteaux du silence. 
 
Passée la frontière, 
Les paltoquets du froid se vidaient tour à tour, 
La soufflerie du ciel ? Aux mains des Puissants. 
 
Allons, toi et moi. 
 
* 
 
Sur ma terrasse en Virginie, 
Loin des vols d'étourneaux, 
Quand le soleil 
Dévore un blanc cadastre, 
J'ai ravi le poignet du silence, 
L'ai serré contre moi :  
Tout était ocre et bleu 
Et le sentier sur mon épaule, 
Tel un grain d'orge, s'est posé. 
 
Ô floraison !  
 
* 
 
Le soir entre les murs distraits, 
Prenant congé du square, 
Délaissant les bassins, mais vivifiants là-bas 
Le gel sombre des marais 
Dans les plis batailleurs du couchant. 
 
* 
 
HELLO !  
 
C'est le printemps, plaies et bosses 
Dérapent, s'engloutissent, 
La forêt gicle, rebondit 
Et quelque part 
On cloue des charpentes. 
 
* 
 
Partir en montgolfière, 
Quand le désir nous prend 
De franchir ces montagnes, 
Puis doucement, ingénument 
Saluer 
D'autres « Lorelei ». 
 
Gérard Engelbach, Anthologie, avec un « Portrait » par Jean-Luc Maxence, Collection « Poètes trop effacés », Le Nouvel Athanor, 2015.  
 
Choix de Jean-Paul Louis-Lambert