Publié le 05-11-2015
Par Challenges.fr
Selon le rapport 2014 du Secours Catholique, "la situation des plus pauvres ne s'arrange pas" en France et le manque de mobilité entraîne des difficultés d'accès à l'emploi.
L'absence de moyens de transport est "un facteur aggravant de la pauvreté", dénonce le Secours catholique dans son rapport 2014 publié jeudi 5 novembre sur la situation de ses bénéficiaires, dont une part de plus en plus importante ne dispose d'aucune ressource. "La situation des plus pauvres ne s'arrange pas", remarque Bernard Thibaud, délégué général du Secours catholique. Pour les personnes aidées par l'association en 2014, "le niveau de vie médian a péniblement augmenté de 35 euros en 4 ans" pour s'établir à 535 euros par mois, soit "quasiment à la moitié du seuil de pauvreté 2013", déplore-t-il. La quasi-totalité (96%) des 1,425 million de personnes accueillies en 2014 (dont 662.200 enfants) vivent en dessous de ce seuil de pauvreté. Parmi elles, 18% ne disposent d'aucune ressource (+2 points par rapport à 2013). Il s'agit en majorité de migrants, récemment arrivés ou sans statut, ou de personnes qui ont renoncé à faire valoir leurs droits (au chômage, au RSA, etc.). Plus de la moitié (58%) ont des impayés, souvent de logement ou d'énergie, pour un montant médian de 800 euros.Une majorité (69%) est au chômage, et seulement 4% ont accès à une formation professionnelle, qui constitue pourtant "une protection contre la perte d'emploi ou la persistance du chômage", note le rapport. Autre "très gros frein de retour à l'emploi", les problèmes de mobilité, ajoute Bernard Thibaud. Selon une enquête auprès de 4.355 bénéficiaires, le manque de mobilité entraîne des difficultés d'accès à l'emploi, un manque d'accès aux soins, des difficultés administratives, un manque de choix dans l'alimentation, et un manque de loisirs et de culture. Il entraîne aussi un sentiment d'isolement et une "perte de courage". Pour les plus précaires, "c'est la double peine", analyse Bernard Thibaud. "Ils habitent davantage dans des lieux reculés en raison des coûts de logement, et se retrouvent éloignés des lieux d'embauche, avec des transports en commun plus limités et moins accessibles".