SCOLIOSE: Un des mystères de la médecine en passe d’être éclairci? – Fondation Yves Cotrel

Publié le 26 novembre 2015 par Santelog @santelog
La scoliose ne sera-t-elle bientôt plus «idiopathique» (de cause inconnue)? Pour la première fois, deux chercheurs, soutenus par la Fondation Yves Cotrel, ont démontré scientifiquement une origine génétique et mis fin du même coup à la «fatalité» de la maladie …
  • 2011 : le Pr Patrick EDERY, généticien au CHU de Lyon,  montre que le défaut de deux gènes, l’un situé sur le chromosome 5 et l’autre situé sur le chromosome 3, est responsable de certaines formes familiales de la scoliose idiopathique.
  • 2015 : le gène situé sur le chromosome 5 est identifié, grâce à la collaboration de son équipe avec celle du Pr Florina MOLDOVAN, du CHU Sainte Justine à Montréal.

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale dans les trois dimensions de l’espace, qui survient et se développe pendant la croissance.

Dans 70 % des cas, la scoliose est dite «idiopathique» ; ce n’est pas une maladie car nous n’en connaissons pas la cause, mais un symptôme.  Son évolution est variable, souvent favorable avec des traitements simples, mais quelquefois sévère et nécessitant une intervention chirurgicale. Dans 20% des cas, elle apparaît dans le cadre d’une maladie connue dont elle est une des conséquences.

La scoliose n’est pas une maladie rare. C’est une maladie fréquente qui atteint environ 1 à 3% des enfants dans la population générale. Elle touche 4 filles pour un garçon. Elle apparaît le plus souvent à la puberté, sur un enfant en bonne santé, constituant souvent un drame personnel pour cet enfant à ce stade de son développement. Il existe une prédisposition familiale.

La scoliose est une maladie complexe aux multiples mécanismes et perturbations associées qui peuvent être la conséquence ou la cause de la déformation. D’où la nécessité de multiplier et de combiner les approches de recherche :

  • Biomécanique : étude de l’axe rachidien et des forces auxquelles il est soumis (pesanteur, effets des contraintes mécaniques musculaires, ligamentaires, de la croissance…) ;
  • Métabolique : étude du fonctionnement cellulaire et de son comportement sous l’action de médiateurs chimiques ou hormonaux tels que la mélatonine et les œstrogènes ;
  • Neuro sensorielle : recherche sur le système nerveux et les organes des sens (vision, sens de l’équilibre) ;
  • Génétique : étude de l’hérédité et des gènes expliquant la transmission au sein d’une même famille.

On peut désormais envisager d’agir sur les mécanismes de la déformation, et pas seulement sur ses conséquences dans une nouvelle approche thérapeutique, plus ciblée, plus précoce et moins invasive avec la mise au point de tests de dépistage, des mesures de prévention, et l’espoir à terme d’éviter la chirurgie

Les médecins pourront fonder leur diagnostic autrement que sur des méthodes empiriques et aléatoires à partir uniquement sur le constat d’une aggravation après plusieurs examens successifs, et faire un pronostic fiable au lieu d’avoir comme aujourd’hui à «choisir le moindre mal», au risque parfois d’hypothéquer le résultat final en cas de retard, ou d’entraîner des traitements prolongés

La «Chaire ParisTech BiomécAm innovation et handicap» du Laboratoire de biomécanique de l’Ensam a mis au point une UNITÉ DE GRAVITÉ de l’évolution de la scoliose

Seuls les patients dont on saura que la scoliose va évoluer devront être traités, tandis que, dans les formes évolutives, à condition d’être dépistées au plus tôt, on pourra mieux prévenir les douleurs, les problèmes respiratoires parfois sévères et aussi le «handicap» esthétique qui, sur des sujets jeunes.

MICROBIOTE et SCOLIOSE?

Valérie MARCIL  – Ste Justine, Montréal

Implication de facteurs métaboliques dans la cause ou la progression de la scoliose idiopathique de l’adolescent. «Parmi les nombreuses hypothèses avancées pour expliquer le développement de la scoliose chez l’adolescent, on retrouve l’implication de certains facteurs métaboliques comme des hormones produites par le tissu adipeux qui influencent la sécrétion d’insuline à la suite d’un repas. Toutefois, les quelques études réalisées dans le domaine n’ont pas pris en compte la complexité du métabolisme humain, soit les interactions entre une panoplie de facteurs et hormones produits par des organes comme l’intestin, le foie, le pancréas et le tissu adipeux.  Des données de notre laboratoire penchent pour l’hypothèse selon laquelle des hormones sécrétées par l’intestin (incrétines) pourraient être impliquées dans le développement de la scoliose idiopathique de l’adolescent.»

A l’occasion de son 15e anniversaire, La Fondation Yves Cotrel – Institut de France vous propose de faire le point sur l’actualité de la scoliose avec les chercheurs, les médecins et les patients

Jeudi 3 décembre 2015, 11h

Fondation del Duca

10, rue Alfred de Vigny – Paris 8

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MERCI DE CONFIRMER VOTRE PARTICIPATION si possible le 1er décembre au plus tard
ou SI VOUS SOUHAITEZ seulement RECEVOIR LE DOSSIER DE PRESSE

Nicole Priollaud : nicole.priollaud@wanadoo.fr
Chargée de la communication  
06 09 48 50 38

Source : Communiqué Fondation Yves Cottrel  Auteur : Nicole Priollaud, Chargée de la communication

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