On s’en fout qu’ça soit beau

Publié le 14 décembre 2015 par Le Collectionneur Moderne @LeCollecModerne

« On s’en fout qu’ça soit beau ! »
Boulevard et
art contemporain

Du 09/12/15 au 30/01/16
La compagnie Le Klou interprète au théâtre Le Lucernaire
une saynète burlesque sur l’art contemporain. Malgré sa fantaisie grinçante, cette petite troupe soulève des questionnements ambitieux sur le sens de l’art. Chaque gag est ici l’occasion d’interroger le regard du spectateur.

INFORMATIONS PRATIQUES

Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris
Page officielle sur lucernaire.fr

Du 09/12/15 au 30/01/16
À 21h, du mardi au samedi
Relâches les 25/12/15 et 01/01/16
Tarif : 26 € (tarif réduit : jusqu’à 13 €)

© Dominique Chauvin / Christine Gilberton

LA PIÈCE

Jean-François Maurier se moque pas mal des commissaires d’exposition. Mais toute ressemblance avec des personnes existantes n’a rien de fortuite. L’emphase de la soixante-huitarde et le discours bégayant du jeune intello ne manquent pas de crédibilité, pour qui connaît le « milieu » !

Le metteur en scène se moque aussi des classifications artistiques. Les mouvements imaginaires se succèdent et les personnages ne semblent s’intéresser qu’aux ruptures entre les mouvements : la première œuvre des Rudimentaires par-ci, le manifeste des Cataclystes par-là…

Mais dans cette comédie, l’art joue le rôle du troisième homme. Et on lui accorde une certaine bienveillance. Surgissant de là où on ne l’attend pas, il s’impose le plus souvent « par accident » ou avec la complicité d’un régisseur un peu frustre qui déambule dans les coulisses sans dire un mot.

© Dominique Chauvin

Comme l’indique le titre, toutes les œuvres sont d’une laideur sans nom. Mais débarrassé de toute interférence esthétique, le public est disponible pour se poser la seule et unique question qui compte : « qu’est-ce que l’art » ?

RÉSUMÉ

Deux personnages revisitent à leur manière enthousiaste et passionnée l’histoire de l’art en prenant quelques libertés avec la vérité historique pour mieux y revenir ensuite. Ils exhument des œuvres, reconnues ou imaginaires, qui suscitent commentaires, digressions, mises en action ; le public est sollicité, consulté et impliqué. Dans l’encombrement progressif de l’espace surgissent questionnements et points de vue sur la beauté, le travail, le regardant, le regardé, l’émotion immédiate ou différée, le caché, la peinture du dimanche, celle du lundi, la reconnaissance, l’oubli.

LA BANDE ANNONCE