La panne flamande

Publié le 10 janvier 2016 par Aelezig

La panne flamande est une tuile traditionnelle dans les pays allant de la Flandre à la Baltique. Sa section transversale est en S et son coté convexe (bourrelet, le plus souvent à droite) recouvre la rive du coté concave (relevé) de sa voisine. Sa sous-face est munie en tête d'un relief (talon, tenon ou ergot) qui la retient à la structure. Elle est apparue au XVe siècle pour couvrir des toits de pente moyenne ou forte dans les régions pluvieuses de la mer du Nord et son usage perdure au XXIe siècle dans une aire très élargie.

Au XIe siècle, les toits de Flandre, comme ceux de toutes les plaines d'Europe non méditerranéenne, sont couverts majoritairement de chaume ou d'autres matériaux végétaux (roseaux, genêts ou autres, selon la disponibilité locale). La tuile plate apparait d'abord sur les monuments sous l'influence bourguignonne. Matériau durable, incombustible mais onéreux, elle se diffuse très lentement des constructions monastiques et seigneuriales aux hôtels bourgeois. Au XVe siècle, le pays tombe sous la domination espagnole et la tuile ondule comme pour lier en un seul élément le courant et le couvert de la tuile canal commune en Espagne. L'extension de son usage à l'habitat rural ne commence guère qu'au XVIIIe siècle avec l'utilisation du charbon de terre dans des tuileries industrielles et l'amélioration du réseau de transport fluvial.

En 1840, les frères Joseph et Xavier Gilardoni inventent la tuile à emboîtement dont ils déposent le brevet le 25 mars 1841. C'est le modèle « n° 1 », une tuile losangée de grand moule inspirée de la panne pour les recouvrements latéraux qui permettent une couverture plus légère que la tuile plate et plus économique en bois, et pour la fixation par tenon qui autorise la pose sur des pentes fortes au contraire de la tuile canal ; elle en diffère essentiellement par les reliefs d'emboitement et par le mode de pose à joints croisés qui améliorent l'étanchéité.

À l'expiration du brevet, dix ans plus tard, plusieurs tuileries du Nord de la France adaptent le principe d'emboitement à des modèles régionaux imitant la panne artésienne dite aussi panne du Nord, panne picarde ou localement panne de pays, laquelle est une variante de la panne flamande, de petit moule (environ vingt et une au mètre carré), à fond plat et relevé angulaire. Le modèle « monopole » de Wardrecques a un grand succès depuis la fin du XIXe siècle. L'aire de son usage, initialement jusqu'à la Somme, s'étend progressivement jusqu'à l'Aisne. Il est encore fabriqué en 2015. En Belgique, aux Pays-Bas, au Nord de l'Allemagne, à l'Est de l'Angleterre, en Ecosse et sur tout le littoral de la mer du Nord et de la Baltique, on pose dans le même temps des pannes à emboitement simple ou double de grand moule.

La panne flamande est fabriquée « droitière » ou « gauchère » selon que son bourrelet est à droite ou à gauche et que, par conséquent, on la pose de droite à gauche ou au contraire. Dans certaines régions exposées à des vents violents, on prend l'habitude de faire usage des pannes couvrantes à droite sur les versants Sud et des pannes couvrantes à gauche sur les versants Nord pour éviter qu'elles ne soient soulevées par la tempête qui vient de l'Ouest.

Pour les bâtiments les plus prestigieux, on vernisse certains lots par les mêmes procédés coutumiers en Ile de France, en Champagne, en Bourgogne et en Alsace. Les glaçures au plomb chargées de manganèse sur un tesson rouge sans engobe, sont le plus souvent brunes ou noir violacé ; elles préservent de la prolifération des végétations inopportunes et des atteintes du gel.

Ce n'est qu'au début du XIXe siècle qu'un type artésien se différencie. Il est plus petit ; sa concavité se change en un fond plat garni sur la rive d'un relevé angulaire et sa convexité qu'on appelle le cornet, devient hémi-tronconique.

Dans la seconde moitié du XXe siècle les fabricants de tuiles de béton produisent des modèles double-panne de très grand moule. 

D'après Wikipédia