L’indivision

Par Belzaran


Titre : L’indivision
Scénariste : Zidrou
Dessinateur : Benoît Springer
Parution : Août 2015


Zidrou a fait sensation en 2015 en sortant des livres à la pelle dans des styles que l’on ne lui connaissait pas. « L’indivision » traite de la relation incestueuse entre un frère et une sœur. Le sujet est sulfureux et peu évident à traiter. Armé de Springer au dessin, le livre est publié chez Futuropolis pour un one-shot de 64 pages.

Le titre de l’ouvrage tient de la maison héritée par les deux frère et sœur. Elle veut vendre devant l’argent que cela coûte, l’autre se rattache à ses souvenirs. Car si elle a fait sa vie, étant mariée avec des enfants, lui végète dans un espoir vain. C’est cette relation toxique que nous décrivent les auteurs.

Une idée de départ mal exploitée.

Hélas, au-delà du sujet de base (« ils sont frères et sœur. Ils s’aiment. D’un amour fou, ravageur. D’un amour interdit »), le livre ne décolle jamais. Surtout, il s’éloigne de son sujet. Car si le terme « amour » est ici utilisé, seule la partie sexuelle est représentée. On a surtout l’impression qu’ils ont une attirance sexuelle entre eux qu’ils n’arrivent pas à réfréner. Les sentiments sont traités en arrière-plan et sonnent faux, puisque c’est leur libido qui domine.

De même, la partie « maison familiale » est un peu trop appuyée, façon « la relation de chacun face à la maison est la même que face à leur relation ». Au final, après un début d’histoire qui pose le problème de leur relation, l’ouvrage ne décolle jamais, fait du surplace et ne nous touche pas. On ressent peu d’empathie, on n’est pas choqué finalement par le relation plus que ça… À aucun moment on a peur que le scandale éclate. Tout le monde semble le savoir, personne n’en parle, personne ne s’insurge. Bref, avec un sujet pareil, il y avait de quoi faire.

Concernant le dessin, après un petit moment d’adaptation on apprécie le trait de Springer. Son trait épais et dynamique est pertinent. Dommage que la mise en couleur ne le mette pas en valeur du tout. Les planches sont finalement assez inégales, c’en est surprenant, tant dans le dessin que dans la colorisation.

Clairement, « L’indivision » est un ouvrage raté. Les bases, tant dans le dessin que dans l’histoire sont là, mais il manque une maturation pour donner quelque chose d’intéressant. On lit finalement l’histoire sans s’y intéresser et sans ressentir grand-chose. Avec un sujet pareil, ce n’est vraiment pas normal…