Auparavant, l’obsession raciste de la colonisation de la France par les musulmans était le fait d’une minorité de paranoïaques étreints par des démons intimes dont les outrances auraient du être traitées depuis longtemps par des médecins compétents. Ces gens là, inutiles de les citer (ce serait leur faire trop d’honneur), tout le monde les connait. Mais cet esprit prétendûment politiquement incorrect, soi-disant tabou, devient de plus en plus une facilité qui envahit dangereusement notre univers informationnel, tant ses tenants sont devenus si médiatiquement visibles au fil du temps. Ce sinistre politique et moral était fort heureusement autrefois circonscrit aux milieux d’extrême-droite. Puis, avec l’avènement toxique du Sarkozysme, ce genre de fantasmes identitaires fait d’un républicanisme révolu et chaque jour davantage mis à mal, de culture blanche et chrétienne, d’enracinement rural et de « c’était mieux avant » a gagné du terrain. Avec les attentats de l’année dernière en France et de cette année à Bruxelles, ce courant raciste moisi s’est accru, accentué, et se montre d’autant plus virulent qu’il se nourrit de la peur et de l’inconnu. Comme l’écrivait à juste titre Olivier Cyran sur twitter ce soir, il y a donc une continuité qui ressemble fort à une épidémie mentale qui ne se circonscrit plus à l’extrême droite et la droite dure. Une certaine « gauche » est également contaminée, dont la polémique Rossignol, et l’appel au boycott des vêtements dits « islamiques »par Elisabeth Badinter ne sont que quelques symptômes significatifs.