EUROPE > Manuel Valls juge qu’il ne peut pas y avoir de traité transatlantique

Publié le 28 juin 2016 par Fab @fabrice_gil
Tafta, travailleurs détachés, frontières extérieures de l’Union… Le Premier ministre a estimé que le vote des Britanniques en faveur du départ de l’Union permettait de "clarifier" les débats pour construire un projet européen "refondé, rebâti".

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Le Brexit "clarifie le débat et (permet) de porter un projet européen refondé, rebâti", a estimé le Premier ministre devant quelque 200 militants socialistes réunis à Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime). François Hollande, qui est à Berlin, avant un conseil européen aujourd’hui et demain, a lui-même promis des "initiatives". Le Premier ministre a passé en revue plusieurs domaines de la thématique européenne qui suscitent l’inquiétude, en particulier à gauche.La France souhaite stopper les négociations Dans une interview publiée dans le quotidien Sud-Ouest, le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Matthias Fekl, affirme que la France pourrait choisir "l’arrêt pur et simple des négociations" avec les États-Unis, si celles si ne progressent pas dans le bon sens. L’homme s’est voulu ainsi catégorique concernant le projet de traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne (Tafta ou TTIP) : " je vous le dis franchement, il ne peut pas y avoir d’accord de traité transatlantique. Cet accord ne va pas dans le bon sens". Les autorités françaises manifestent depuis plusieurs semaines une réticence croissante devant ce projet d’accord négocié, pour les Européens, par la Commission européenne et dont l’Allemagne souhaite une conclusion hâtive. "Dorénavant, aucun accord de libre-échange ne doit être conclu s’il ne respecte pas les intérêts de l’Union. L’Europe doit être ferme. La France y veillera", a prévenu le chef du gouvernement. Selon lui, le Tafta imposerait "une vision qui ferait le lit non seulement des populismes, mais tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre économie". Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013, l’accord vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires entre l’UE et les États-Unis pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l’activité économique."Bannir le dumping social"Il faut "bannir le dumping social, fiscal au sein même de l’Union, avec en particulier un même salaire minimum et des règles très claires sur le détachement des travailleurs", a poursuivi Manuel Valls. Le Premier ministre a dénoncé à cet égard "le travail détaché illégal (qui) fait des ravages. Cela ne peut pas continuer ainsi et si le changement de directive (sur les travailleurs détachés) tel que nous le proposons n’est pas accepté, alors il faudra poser cette question sur la table des discussions de l’UE et renoncer à ce qui aujourd’hui met à mal toute la relation entre les salariés en Europe". Il a également abordé les thèmes des frontières extérieures de l’Europe et de l’espace Schengen, très sensibles après la pression migratoire sans précédent qu’a connue le continent l’année dernière, et l’élargissement de l’UE. "L’Europe a des frontières. Oui. Des frontières extérieures qui ne sont pas que des postes de douanes, mais aussi des limites symboliques, qui disent ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. L’Europe commence et s’arrête quelque part. Cela ne peut pas être une course à l’adhésion vers d’autres grands espaces que nous respectons". Quant à l’espace Schengen, "qui était considéré comme une grande opportunité, (il) est aujourd’hui ressenti comme une menace", a déploré Manuel Valls en souhaitant que les Européens puissent retrouver une "pleine maîtrise" de la question. Au moment où des voix s’élèvent à droite pour réclamer un référendum sur un nouveau traité européen, Manuel Valls a livré un plaidoyer en faveur des parlements nationaux : "quand l’Europe n’est pas le bon niveau de décision, alors elle doit s’effacer, et laisser les États décider". FG