Rechute des indices boursiers

Publié le 18 juin 2008 par Apprendrelabourse.org

Le CAC 40 perd - 1,44 % à 4 618,75 points et clôture 'pile' (à 0,3 points près) sur les plus bas de lundi soit toujours la borne supérieure du gap (ou trou de cotations) restant à combler réalisé fin mars. C'est le dernier support avant le comblement total à  4 553,2 même si une partie du terrain a déjà été retracé avec le plus bas du jour à 4 597,22, constituant un support mais d'importance plus mineur.

Après les résultats de Goldman Sachs qui ont rassuré hier, la deuxième banque d'affaires US, Morgan Stanley (cf. Les grands noms de la finance - Partie 1 : les grandes banques d'affaires américaines ) a fait part d'un bénéfice net de 1,03 milliard $ contre 2,58 il y a un an, soit une baisse de - 56 % avec pourtant des plus-values exceptionnelles à hauteur de 1,43 milliard $ . Le titre chute à New York de plus de 3 % et a emmené tout le secteur à la baisse de Zurich ( UBS perd - 3,95 %) à Paris (SG lâche - 3,12 % , Crédit agricole - 3,90 %) en passant par N-Y bien sûr.
L'autre élément négatif du jour après les statistiques moroses de la veille concerne également une autre société : FedEx (1er groupe de messagerie mondial) qui voit son résultat net virer au rouge pour le 4 ème trimestre de son exercice fiscal (conjoncture + hausse des coûts liés aux carburants) à hauteur de 0,78 $ par action contre un bénéfice net de près de 2 $ pour le même trimestre de l'an dernier. Alors que le consensus des analystes prévoyait 5,92 $ de bénéfice pour l'exercice, la société informe que sa fourchette oscillera vraisemblablement entre 4,75 et 5,25 $ dorénavant. L'action retrouve ses plus bas de l'année sur un support très important remontant à 2003/2005.
Le Dow Jones trouve ainsi le chemin de la baissse en direction des 12 000 points dans un contexte d'évolution des indices de la finance américaine qui nécessite un réexamen attentif avec un résumé express ci-dessous pour comprendre ce qui est entrain de se passer :

1 / Rappel du passé :
La crise des subprime a touché non seulement les courtiers et les officines non cotés qui ont fermé leurs portes ou fait faillite pour la plupart depuis mais surtout dans un premier temps toute l'industrie financières spécialisée dite 'mortgage', c'est à dire liée aux prêts hypothécaires, aux crédits immobiliers et tous refinancements dans ce cadre. L'indice du secteur (graphe 1) montre ainsi que le plus dur s'est réalisé au second semestre 2007 avec un point bas en mars et une fragilité toujours présente.


2/ Situation récente :
Si le secteur bancaire a largement été touché, sa taille, son importance et son implication  dans le secteur immobilier et particulièrement 'subprime' moindre l'ont préservé en partie du souffle dévastateur qu'à connu le 'sous-secteur' précédent. Son indice 'BKX' plusieurs fois étudié et que nous avions laissé à 75,87 fin mai dans
La crise bancaire US est-elle finie ? a depuis cassé un support important avec une chute lourde en juin qui répond sans ambage à la question posée alors. Nous vivons la chute la plus longue et la plus sévère des banques US depuis le début de la crise.


3/ La suite ?
Le secteur encore plus large des financières qui intègre également des assureurs entre autres est entrain de connaître une évolution également négative avec un risque de baisse encore accrue en cas de rupture des plus bas de mars actuellement en test.


Les volumes sont présents et bien supérieurs à cet été. On note également ici à l'image de Lehman Brothers comme signalé précédemment une accentuation de ceux-ci depuis peu (le XLF étudié fin avril : Quid des financières US ? )
Un Dow Jones à 12 000 points qu'est-ce que cela signifie d'un point de vue graphique et technique ? Réponse dans :
Dow Jones - Analyse Graphique. Peu de choses ont évolué depuis cette analyse du 26 avril dernier. Une mise à jour pour les aspects techniques notamment paraîtra cependant d'ici la fin du mois.
Demain, les indicateurs avancés et l'indice de la Fed de Philadelphie seront les points centraux susceptibles d'animer la séance en complément des éléments présentés ci-dessus.