André Gide inspire David Maes au Musée d'Uzès

Par Blogegide


Depuis 2010, le musée d’Uzès s’associe à la biennale de l’estampe organisée par l’association SUDestampe dans divers lieux du Gard. Du 30 septembre au 31 décembre 2016, David Maes investit à nouveau la salle André Gide du musée pour y présenter des estampes spécialement réalisées pour l’exposition, librement inspirées par deux livres d’André Gide : Thésée et Et nunc manet in te.
L'artiste explique ce qui, dans les œuvres de Gide, continue de l'inspirer :
« Brigitte Chimier, conservateur du musée Georges Borias, m’a proposé de réaliser une série de gravures en relation avec l’œuvre d’André Gide. Ce sont ces gravures que je présente au musée dans le cadre de la biennale de l’association SUDestampe et de la manifestation miNuit Blanche à Uzès.
Deux livres de Gide ont attiré mon attention, Thésée (1946) et Et nunc manet in te (1951). Le thème du sacrifice parcourt ces deux livres, et c’est à partir de ce thème que j’ai choisi de travailler. Sacrifice compris dans sa double acception : celle de l’offrande faite à une divinité, celle du renoncement volontaire à quelque chose ou à quelqu’un.
Offrande
Dans Thésée, Gide bâtit un récit autour de ce personnage complexe de la mythologie grecque. Thésée est celui qui réussit à tuer le Minotaure, ce monstre possédant le corps d’un homme et la tête d’un taureau, né des amours de Pasiphaé et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon. Le Minotaure fut enfermé par le roi Minos dans le labyrinthe, situé à Cnossos (Crète) et conçu par Dédale, afin qu’il ne puisse s’en échapper et que nul ne découvre son existence.
Lors d’une guerre provoquée par la mort d’un des fils du roi Minos, Athènes est affamée par un terrible siège qui ne prend fin qu’à partir du moment où les Athéniens proposent à Minos de choisir le tribut qu’il veut pour le lever. Minos exige alors que tous les neuf ans, Egée, roi d’Athènes et père de Thésée, lui livre sept jeunes hommes et sept jeunes femmes qui seront sacrifiés au Minotaure. Thésée se porte volontaire.
C’est à partir de cette histoire de sacrifice de quatorze jeunes personnes que j’ai choisi de réaliser quatorze portraits de jeunes gens que je connais ou que j’ai eu l’occasion de croiser. Une partie de cette série de portraits occupe un des murs de la salle André Gide. Parmi ces portraits se trouve une gravure du Minotaure que j’ai réalisée en 2002 pour l’exposition « Le Minotaure » qui a eu lieu à la Chapelle des Jésuites à Nîmes.
Renoncement
Face à ces portraits se trouve un grand triptyque : I am a Wonder : Among Flowers. Cette gravure est dédicacée à Madeleine Gide, femme d’André Gide et le sujet de Et nunc manet in te (ce titre est tiré d’un poème de Virgile, le Culex, et signifie « Et maintenant elle survit en toi »). Ecrit peu après la mort de Madeleine, Et nunc manet in te apparaît comme une sorte de confession dans laquelle Gide dresse le portrait de sa vie conjugale, son côté « impossible » dû à son homosexualité. Pour cette raison, mais pas seulement, Madeleine a passé sa vie dans une forme de renoncement au point où elle en devient presque absente.
I am a Wonder : Among Flowers n’est pas un portrait de Madeleine, mais une tentative de lui donner une certaine présence dans cette salle dédiée à son mari. »

David Maes, I Am a Wonder : Among Flowers (Pour Madeleine), triptyque, pointe-sèche, 2016
Exposition David Maes, « Offrandes inégalables », du 30 septembre au 31 décembre 2016. Musée Georges Borias, ancien Evêché, 30 700 Uzès. Tél. 04 66 22 40 23. Blog du musée.
Ouvert du mardi au dimanche, en octobre de 15h à 18h, en novembre et décembre de 14h à 17h. Fermé le 1er novembre et le 25 décembre.
Entrée : 3€. Groupes : 1,50€/personne. Gratuit pour les scolaires.

Visites guidées : plein tarif 5€, tarif groupes 3€ / personne, sur réservation.
Programme complet de la Biennale 2016 SUDestampe sur www.sudestampe.fr