À plat ventre, toujours à plat ventre…

Publié le 20 juin 2008 par Lgb

Soulagée, la presse du jour nous apprend que, non, finalement, Carla Bruni ne sera pas la rédactrice en chef d’un jour de Libération.

Soulagée, parce qu’elle conserve encore pour quelques temps l’illusion de son indépendance.

Et Laurent Joffrin, l’initiateur de cette brillante entreprise (il voulait, dit-on, “surprendre le lectorat”), de nous expliquer que :

Dans le contexte actuel, une telle initiative serait immédiatement suspectée de faire le jeu de Sarkozy

Suggérant ainsi, car l’homme est subtil, que ce n’était pas le cas. Comble de la servilité : s’asservir en s’imaginant indépendant…

Mais à y bien réfléchir, que le projet n’ait pas abouti, cela change-t-il quelque chose à l’affaire ?

Car si l’on expose le fait brutalement (chose que nos médias ne font pas), on en arrive à cela : le directeur d’un journal d’opposition envisageait de confier une édition dudit journal à la femme du Président de la République dont il prétend combattre la politique.

Rien que ça.

Comme si le NYT confiait un édition à Mme Bush, ou si El Pais avait autrefois donné les rênes à Mme Aznar. Triste privilège de la France que d’avoir la presse qui, au monde, apprécie le plus la position couchée. Et sur le ventre, de préférence. Il fait toujours plus frais près du sol

Joffrin encore :

je comprends que l’initiative ne serait pas comprise

Mais non, mais non, pas d’inquiétude : on a très bien compris ta position. Celle du cireur couché…