True Blood - Review - Critique - Pilot

Publié le 20 juin 2008 par Blabla-Series

Crée par Alan Ball (Six Feet Under)Diffusion - HBO
Series premiere 'Strange Love' - 07 septembre 2008

Cast
Anna Paquin, Brook Kerr (Passions), Alexander Skarsgard (Generation Kill), Jim Parrack, Danielle James, Kanin J. Howell, Stephen Moyer (NY-LON, The Starter Wife), Sam Trammell (Trinity, Going to California ), Ryan Kwanten (Summerland)

Plot
Based on the popular 'Southern Vampire,' book series by Charlaine Harris, "True Blood" follows the adventures of a small-town cocktail waitress Sookie Stackhouse (who all her life was an outsider due to her gift/curse of being a telepath) and how her life is turned upside down when a member of the undead (the vampire race 'came out of the coffin' several years earlier) walks into her life one fateful night.(tvrage.com)

Review

Le retour d’Alan Ball à la télévision était attendu de pied ferme, le créateur du bouleversant Six Feet Under avait marqué les esprits en offrant un propos authentique et émouvant sur la vie et la mort.

Le projet True Blood est depuis longtemps connu des sériephiles adeptes de la Ball Academy et le sujet même de ce projet avait de quoi dérouter tant il semblait diamétralement opposé au propos réaliste et émouvant de Six Feet Under. Mais les espérances ont été tenaces, il paraissait impossible qu’Alan Ball ne soit finalement qu'un imposteur de premier ordre. Pourtant après lecture des quelques mauvaises  critiques du pilot Strange Love, on l’aurait presque pensé et ce n’est pas la scène introductive du pilot, digne d’un slash movie de très mauvais goût qui aurait pu nous faire croire le contraire.

On ne peut pas réellement considérer ce pilot comme un ratage complet, le pilot a ses défauts (le caractère commun de son sujet tout d’abord, les quelques situations clichées parsemées ça et là durant cette heure inaugurale) mais il a réussi à créer rapidement un univers à lui, des personnages en interaction et un début de romance intéressant, finalement on pressent véritablement le potentiel indiscutable de la série. Il est vrai qu’il est difficile de se dire que le pilot est signé Alan Ball, ses thèmes de prédilection n’étant pas réellement abordés ici.
Mais son goût pour le morbide et le subversif semble présager une suite plus personnelle et des épisodes plus haletants (la fin surprenante et violente du pilot le laisse penser), rappelons à cet égard que la règle numéro un du sériephile qui se respecte est de ne pas condamner une série après le seul visionnage de son series premiere, Veronica Mars en est l’exemple parfait.

Le problème, c’est qu’Anna Paquin manque de charisme et qu’au bout d’une heure, ses grimaces de fille attardée sont irritantes, pourtant je suis certain que son personnage de Sookie Stackhouse télépathe et torturé se révèlera par la suite fort intéressant. A l’inverse d’Anna Torv pour Fringe, je pense qu’il s’agit bien ici d’une erreur de casting. Le reste du cast n’est pas non plus révolutionnaire, la faute peut-être à des dialogues convenus qui ne présentent pas d’intérêt majeur et qui affadissent très rapidement les différents personnages, à l’exception notable de la copine black au fort caractère et du cuisiner Lafayette.

Le mélange des genres était un souhait cher à Ball pour ce projet, pour le coup, on peut dire que c’est brièvement réussi, le mythe du vampire revenant, pile dans la dimension fantastique du show n’est pas désagréable, ça manque peut-être un peu d’originalité (le vampire ténébreux peu bavard, on connaît) mais on perçoit la tentative de s’émanciper des classiques du genre et d’offrir de nouvelles dimensions à un sujet assez usé, seule la suite pourra confirmer (ou infirmer) l’hypothèse mais certains traits de l’histoire comme l’usage du sang synthétique permettant aux vampires de vivre avec les humains ou l’enjeu pour les humains corrompus d’exploiter le sang de vampires vont dans ce sens.
Le reste, entre humour et drame m’a fait penser à John from Cincinnati, pour le côté pittoresque des personnages et leur patois vulgaire, pourtant les deux séries semblent n’avoir absolument rien en commun, si ce n'est, un peu de poésie. L’univers du Marlotte’s m’a tout cas bien plu, j’ai apprécié les différentes figures qui y régnaient.

Finalement, je reste certain que cette adaptation de « Southern Vampire » de Charlaine Harris sera utile et finalement enrichissante ; c’est Ball, c’est HBO, je n’imagine pas que True Blood ne soit finalement qu’un enième Moonlight, une fade histoire d’amour entre un vampire et une mortelle sans originalité aucune. L’état de la chaîne à péage américaine n’est pas si critique pour qu’elle puisse accepter un tel projet en 2008, quelque chose de neuf et de vibrant devrait rapidement faire surface et ainsi participer à la création d’un nouveau mythe, subversif, inspiré et ambitieux made Ball. Effectivement, je garde bon espoir (30 days at night m’a revigoré question créatures aux dents pointues).