Madagascar : Pour des engagements financiers ambitieux en faveur de la nutrition

Publié le 02 décembre 2016 par Cmasson

Appel à l’action :
Pour des engagements financiers ambitieux
en faveur de la nutrition à Madagascar

Le contexte malgache : un fort taux de retard de croissance et des pics de malnutrition

Sur cette grande île de l’Océan indien, près d’un enfant sur deux (47%) est touché par la malnutrition chronique, qui provoque des retards de croissance et de développement cognitifs. Dans sa forme aigue, la malnutrition touche plus de 8% de la population de moins de 5 ans[1]. Cette situation fait de la malnutrition un enjeu de santé et de développement majeur, qui engendre chaque année une perte économique de 14,5% du produit intérieur brut du pays par an soit environ 1.5 milliard de dollars[2].

Dans le Sud du pays en particulier, les épisodes de sécheresse récurrents provoquent des pénuries d’accès à l’eau potable, une baisse dramatique des rendements des récoltes et une dégradation des pâturages, qui placent les ménages dans une situation d’insécurité alimentaire aigue ; alors que, selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), 68% de la population du Sud souffre déjà d’insécurité alimentaire chronique. Cette situation conduit immanquablement à un état d’insécurité nutritionnelle[3]. Fin septembre 2016, le Bureau de coordination des aides humanitaires (OCHA) avait ainsi déclaré 8 districts en état d’urgence. Tout doit être mis en œuvre pour que les alertes de famine, prématurées aujourd’hui, ne se transforment pas en une réalité dramatique.

Une aide au développement qui doit redoubler d’efforts dans le Sud et s’inscrire dans la durée

Dans ce contexte, nous ne pouvons que nous réjouir du regain d’attention pour le pays suscité par le Sommet de la francophonie. Nous espérons que cette prise de conscience collective s’accompagnera des engagements financiers nécessaires. A ce jour en effet, seulement 26% du montant estimé de l’aide d’urgence ont été reçus. Les besoins sont pourtant criants : plus de 50% de la population du Grand Sud de Madagascar (850 000) se trouvent toujours en insécurité alimentaire sévère et pas moins 10 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.[4]

Pour y répondre et anticiper les prochains chocs, des aides supplémentaires doivent être allouées afin de cibler les causes sous-jacentes de cette insécurité nutritionnelle (accès insuffisant à l’eau potable, aux récoltes et moyens d’existence ;, etc…). Entre autres priorités, les systèmes de santé devraient être durablement renforcés, en vue d’assurer la présence d’un personnel de santé qualifié et en nombre suffisant dans toutes les infrastructures sanitaires ainsi  que l’extension de la couverture des besoins dans les zones reculées.

C’est à tous ces besoins que nous, acteurs de la nutrition, entendons répondre. Afin de renforcer notre engagement dans cette zone critique du pays et de garantir une sécurité nutritionnelle durable  pour les populations les plus vulnérables, nous en appelons aux bailleurs et investisseurs : nous comptons sur vous pour faire la différence à Madagascar en augmentant les financements pour lutter contre la sous-nutrition, à hauteur des besoins et des engagements internationaux existants. Sans laisser personne derrière.

Contact presse : Faniry Hantarinivo (ACF) chargedeplaidoyer@mg.missions-acf.org



[1] Enquête nationale sur le suivi des objectifs du millénaire pour le développement durable à Madagascar 2012-2013, Institut National de la Statistique en collaboration avec l’Office National de Nutrition (ONN)

[2] Etude Coût de la faim, PAM,  UNICEF,  FAO,  OMS, Union  Africaine (2016)

[3] Comprehensive Food and Nutrition Security and Vulnerability Analysis (CFSVA+N), PAM et UNICEF, 2011.

[4] Madagascar: Grand Sud Drought Office of the Resident Coordinator Situation Report No. 3 (as of November 2016)

Photographie :  © ACF / Madagascar