Récemment, dans une retentissante interview accordée au Spiegel (27 avril 1967), Pierre Boulez faisait clairement remarquer qu’aucune œuvre lyrique nouvelle d’intérêt n’avait vu le jour depuis la mort d’Alban Berg. Il dénonçait ainsi le caractère illusoire du succès international obtenu par les œuvres de quelques épigones comme Henze — ajoutons-y Britten. Et dans la stérilité des compositeurs modernes en ce domaine, Boulez voyait tout simplement le symptôme d’asphyxie générale à laquelle est en proie l’opéra actuellement.
Il importe donc de nous poser la question : Pourquoi n’y a-t-il pas d’œuvres lyriques modernes ? L’opéra est-il véritablement un art démodé ? Son mode d’expression ne correspond-il plus à la sensibilité de notre époque, et faut-il considérer que son passé prestigieux ne présente plus guère pour nous qu’un intérêt historique, en un mot l’art lyrique est-il définitivement mort ? » Claude Lust, Wieland Wagner et la Survie du Théâtre Lyrique, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1969, p. 9-10 Publié ensuite en 1970 par La Cité.