C'était pas mérité, je trouve. Je n'avais que quitté le condo du Nord, amené Punkee à son tournoi de soccer et marqué un des matchs avec elle, quand celle qui devait le faire a posé un lapin à tout le monde. Il me semble que je ne faisais que la chose à faire.
La chose à faire...
Les choses à faire...
Quand on devient parent, Personne ne nous dit les choses à faire et quand nos parents/grand-parents le font, il y a toujours plus de 20 ans de décalage sociétaire qui oblige des tonnes d'ajustements et de ménagement de susceptibilités de part et d'autres. On épouse le modèle familial qu'on a connu par défaut. Parce que ce sont nos repères. Il n'existe pas d'autres écoles de parents. On en prend, on en laisse, selon ce qu'on a vécu. Selon ce qu'on vivra.
Moi j'en voulais 4. C'est mon ami le bon Docteur Breton qui fera le coup des 4. Stuart et Abigail seront parents 6 fois ensemble. Exploit tout ce qu'il y a de plus fantastique. La dynamique quand on passe chez eux...wow!. 5 filles 1 garçon, Impressionnant. L'ennui n'est pas un mot dans cette famille. Ça existe autant que les licornes.
Depuis l'automne, elle joue au Futsal, du soccer 4 vs 4 en gymnase, sans hors-jeu, avec des buts de handball et dont les touches sont faites avec les pieds (et on a seulement 3 secondes pour les faire). au sein de l'équipe de l'école, On l'a aussi sollicitée pour le soccer intérieur d'hiver. Ce qu'elle a bien voulu faire. Et, bien que toujours la plus petite, elle se débrouille fort bien. L'été prochain, elle sera dangereuse après avoir joué tout l'hiver dans deux clubs!
Et c'est à un tournoi de son école que nous étions, ensemble. Père et fille. trouvant amusant que l'amoureuse me qualifie de "bon papa"ce qui me semblait tellement naturel. Cette petite punk a mon sale caractère. Et sans s'en rendre compte, elle m'aide à comprendre le mien. C'est dur de ne pas s'y associer. Je m'y reconnais. Elle n'a toutefois pas mes notes scolaires, où j'excellais. Et je l'aide sans arrêt. Tous les jours et les weekends. C'est ma punition pour avoir été bon à l'école. Je dois y retourner. Je déconne, j'apprécie les moments qu'on passe ensemble au dessus des livres et vice-versa, mais avec nos caractères d'irlandais: pas toujours facile.
Ce jour-là, en tournoi, c'était davantage "bonne fille" que "bon papa". Elle me rendait fier d'elle. Le fait plus souvent qu'elle ne se l'imagine d'ailleurs. Elle se rendait utile pour son équipe en produisant beaucoup et en jouant bien et a amené son équipe en finale. Qu'ils ont perdue en tir de barrage, mais rendu-là, c'est un pile ou face de toute manière.
Ce que j'aimais c'est qu'elle se retrouvait au coeur de toute l'action. Autant sur le terrain qu'à l'extérieur. Comme parent (sauf une fois quand on a marqué un match ensemble) je gardais mes distances de spectateur et la regardait interagir avec ses coéquipières. Les filles formaient une belle dynamique. Et Punkee jasait avec absolument les 9 autres tout le temps, même les plus discrètes. Je voyais de la graine de leader, ce qu'elle refuse de croire pour elle-même. On l'a forcée à se porter aux élections de sa classe, ce qu'elle ne voulait pas. Elle a terminé 3ème sur 4, en disant tout le long qu'elle ne voulait pas gagner. Mais elle a quand même chauffé la seconde!
Quand on a été avisé (trop tard) du tournoi de son école, notre séjour au condo du nord était booké depuis longtemps. Punkee voulait absolument faire son tournoi.
"Mais tu n'es pas pour faire des allers-retours?"
"Je ne fais jamais d'aller retour avec ma fille, chérie, je ne fais que des pour-toujours"
Pour toujours, ma Punkee-lou.
Luv U