Le récit porte bien son nom car on en apprend plus sur Madame que sur l'illustratrice, femme malmenée par son chat dans une grande maison. La tendresse et l'humour qui émanent de ces livres tiennent autant aux histoires qu'aux dessins. Là encore, Nancy Pena fait des choix qui semblent simples et ajoutent à la particularité de l'univers de ces BD.
Tout d'abord, au lieu du noir et blanc auquel on pourrait s'attendre, elle opte pour un vert, noir et blanc. Ce vert, installé dès les couvertures, apporte une teinte de douceur à chaque saynète. Qu'il soit juste discrètement présent en couleur pleine, en ombre des personnages ou bien qu'il serve à dessiner les contours des magnifiques décors de jardin, son utilisation multiple évite toute lassitude ou habitude. Le style des personnages diffère du réalisme des accessoires et décors. Ainsi, la fiction se place dans le vrai. Vous n'avez sans doute jamais entendu votre chat vous parler mais vous pourrez imaginer facilement la situation équivalente. Bon, pour ma part, je n'ai pas de chat mais j'ai apprécié cette plongée dans cette vie de félidé et la singulière synergie se dégageant des choix graphiques et narratifs. Dans Madame, pas de case, les dessins prennent place sur la page, en bande de deux cases, en pleine page ou encore autrement. Cette absence de contours crée une aération de l'espace, on comprend alors mieux que Madame prenne ses aises sur la page ! On notera que malgré la petite taille des volumes, les dessins restent toujours facilement lisibles, - tout comme les textes – sans vous forcer à lorgner.
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