Les cahiers d’Esther, T2 : Histoire de mes 11 ans

Par Belzaran


Titre : Les cahiers d’Esther, T2 : Histoire de mes 11 ans
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Février 2017


Dans l’Obs, Riad Sattouf publie des pages sur ce que lui raconte la petite Esther, la fille d’un couple d’amis. Après un premier tome dévolu à son année de CM1, le tome 2 se concentre évidemment sur son année de CM2, avec la préparation de l’arrivée au collège… Le tout est toujours publié aux éditions Allary.

Un livre sur la jeunesse d’aujourd’hui.

C’est un rituel immuable : une page, une anecdote. Si parfois, on obtient un seul grand dessin (pour les attentats du 13 novembre par exemple ou pour l’arrivée du petit frère), la plupart des pages sont fortement chargées en texte. En cela, on sent bien le côté extrêmement bavard de la petite fille. On comprend que Riad Sattouf puisse en extraire autant d’histoires. On imagine un véritable moulin à paroles !

La force des « Cahiers d’Esther » est de se mettre à la place de la jeune fille. Ainsi, elle utilise son langage d’écolière, s’excuse lorsqu’elle utilise des gros mots et s’adresse directement à nous. L’empathie fonctionne à plein tubes ! Car si Esther est une fille normale, produit d’une société de consommation, elle possède suffisamment de petites différences pour nous toucher. Ainsi, sans smartphone, elle est obligée de lire et, finalement, adore ça. De même, au CM2, elle regrette que les enfants ne jouent plus mais passent leur temps à parler des couples hypothétiques de l’école.

« Les Cahiers d’Esther » est d’autant plus passionnant lorsqu’on le rapproche de « L’arabe du futur ». On y découvre deux histoires à niveau d’enfants, complètement différentes. Deux époques, deux lieux, deux existences à des années lumières l’une de l’autre…

C’est la spécialité de Riad Sattouf que de s’intéresser à l’enfance et l’adolescence, ainsi que d’observer son prochain. « Les Cahiers d’Esther » est dans la suite logique de sa production mais fait preuve d’une maturité narrative supérieure. Le fait qu’Esther soit une fille apporte une fraîcheur, une nouveauté dans son œuvre. Le dessin, toujours aussi simple, colorisé en bichromie, sert avant tout de support aux textes. Adapté et expressif, il remplit sans peine son travail.

Ce deuxième tome des « Cahiers d’Esther » est une belle réussite. Aucun sentiment de répétition ne vient gêner la lecture. Esther grandit et, mine de rien, les problématiques changent. CM1 ou CM2, ça n’a finalement plus rien à voir ! C’est un bel ouvrage sur les enfants d’aujourd’hui, à mille lieux de ce qui existait il y a à peine 10 ans.