Restaurant Marianne : le meilleur restaurant de Londres

Publié le 19 février 2017 par Estherb

J’ai eu l’immense privilège de dîner au restaurant chez Marianne, lors de mon récent week-end à Londres. Je parle de privilège, car la dernière fois que j’ai aussi bien mangé était en 2012 chez Guy Savoy. Au coeur du quartier chic et résidentiel de Notting Hill, l’établissement ne compte que 14 couverts. De quoi se sentir choyé ! D’autant plus que ce dimanche soir de Février, seules deux tables étaient réservées. Habituellement, le restaurant affiche complet des semaines à l’avance, c’était donc un heureux hasard… En effet, il s’agit d’une des tables montantes de Londres et l’on se presse de loin pour découvrir la cuisine de Marianne Lumb, ancienne chef à domicile.

LE SERVICE CHEZ MARIANNE

Le jeune serveur qui s’est occupé de nous avait une délicatesse inouie dans ses gestes, et une maîtrise parfaite de tous les plats à la carte. Et pour cause, il m’a confié que la chef lui fait goûter toutes les nouvelles créations. A noter que Marianne change la carte toutes les 2 semaines en moyenne, en fonction des arrivages et des produits saisonniers. Une femme pleine d’audace qui n’hésite pas à relever des défis quotidiens, au lieu de se reposer sur des recettes qui marchent.

LES MENUS CHEZ MARIANNE

Nous avions le choix entre trois menus, nous avons opté pour le ‘Deluxe Menu’ à £145 (soit environ 170 euros actuellement).  Pour un accord mets et vins, compter entre £75 et £100. Nous aurions pu préférer le menu végétarien ou le menu dégustation à £85 tout aussi appétissants, mais avec des ingrédients moins coûteux.

Nous avons vu défiler 10 merveilleuses assiettes ! Et sommes ressortis du restaurant l’estomac et le coeur légers. Comment est-ce possible ? Laissez-moi vous raconter…

LE REPAS CHEZ MARIANNE

Une cuisine ouverte, sans les inconvénients des odeurs dans la salle de restaurant. Grand mystère. Un serveur très présent, qui sait s’éclipser dès que nécessaire. Du grand art. Des fauteuils ultra confortables, pour une soirée qui s’étire sur fond de musique douce. Et de délicates assiettes apportées par un jeune homme aérien !

Le champagne est accompagné de pop corn à la truffe. Cela donne le ton. Installés depuis peu dans la salle, nous oublions peu à peu le froid des rues londoniennes. L’amuse-bouche est servi dans une tasse : les oignons lui donnent un goût inégalable, et l’étonnante mousse blanche fait penser à la cuisine moléculaire. On se détend vraiment !

Les « linguine Marianne » à la truffe sont un ravissement pour les papilles. Servies en petite quantité, parfumées au parmesan, elles ont un « petit goût de trop peu ». C’est une des entrées phare du restaurant, qui revient donc souvent tout au long de l’année. Et pour cause ! La truffe est exceptionnelle, et la cuisson des pâtes absolument parfaite.

S’ensuit une seconde entrée à base de fenouil. Qui remplace le ceviche de saint jacques (comme je suis allergique à ce fruit de mer). Légère, très légère même. Et un régal pour les yeux !

Je ne vous ai pas encore parlé du pain, une focaccia fait maison. Nature ou au Romarin. Croustillant à l’extérieur, avec une mie aérienne. Je crois bien que j’en ai eu les larmes aux yeux (si, si, sans exagérer !).

La seconde entrée, des langoustines écossaises avec carottes des sables de Bretagne et lard de Colonnata. Honnêtement, je n’en ai fait qu’une bouchée. La texture est très intéressante : la fine couche de gras fond dans la bouche pendant qu’on découvre le crustacé moelleux.

Arrive ensuite ce que je considère comme le plat le plus maquant du repas : le filet de boeuf japonais wagyu avec choux marin et purée. La viande est d’une tendresse étonnante avec un léger goût de beurre. Saignante (ce que je n’apprécie pas d’habitude). On reconnaît le savoir-faire de Marianne Lumb, fille de boucher. Elle n’a pas son pareil pour sélectionner les viandes. Pour la petite histoire, on dit que le boeuf wagyu boit de la bière et écoute de la musique classique pour éviter le stress ! C’est en tout cas un met très recherché et diététique.

A cet instant précis, je me dis que ce restaurant vaut largement le déplacement depuis Paris, et que cette soirée est magique.

En guise de fromage, je choisis le vacherin chaud au Reblochon et à la truffe, que je déguste avec un morceau de focaccia, façon fondue. Mais j’aurais pu opter pour le Fougerus à la truffe, un brie parfaitement affiné.

Le pré-dessert à base de yaourt est très léger et agréable.

Vient l’heure du dessert, et du fameux soufflé. Marianne fait varier la recette régulièrement. Ce jour-là, il est au pain d’épices et caramel épicé, servi avec une glace à la clémentine. Un peu trop épicé pour moi, mais très beau et original. Quant à la glace, elle est très réussie. Très douce, elle apaise le palais !

Vous l’aurez compris, ce dîner fût exceptionnel. Il s’est clôturé avec une camomille et ses petits fours : madeleine, nougat et chocolat à la menthe (petite touche très British !).  


Après cette parenthèse enchantée de 3 heures, nous avons poussé la porte du restaurant pour flâner dans les rues aux maisons colorées de Nothing Hill. Je me suis sentie pleine d’admiration pour cette femme chef qui élève la cuisine dans les hautes sphères. Et qui a la générosité de partager son talent. On ressent une véritable envie de faire plaisir au client, de le transporter, de lui offrir une expérience unique. En cuisine, ils étaient 4 virtuoses, ce soir-là. J’ai vraiment ressenti qu’on cuisinait pour moi, et pour moi seule. Je me suis sentie considérée. Je me souviendrai longtemps de cette soirée.

Et j’espère que mon récit vous donnera envie de traverser la Manche pour vérifier par vous-même que le restaurant Marianne est un enchantement !

Pour réserver (de la part du Blog d’Esther B) :
Restaurant Marianne
104a Chepstow Road
London W2 5QS
+44 (0)20 3675 7750